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Guerre sociale. Le patron du MoDem appelle à un nouveau durcissement de l’assurance-chômage

Ce lundi, Patrick Mignola, patron des députés MoDem, appelait sur LCP à un durcissement de l'assurance-chômage. Des déclarations qui s'inscrivent dans le projet de guerre sociale du gouvernement, dans la droite lignée du programme de Macron pour son nouveau mandat.

mardi 31 mai

Patrick Mignola appelle à un durcissement de l’assurance-chômage

Ce lundi, Patrick Mignola, le patron des député Modem expliquait au micro de LCP qu’il faudrait réfléchir à durcir la réforme de l’assurance chômage, mise en place il y a à peine un an par l’actuelle première ministre, Élisabeth Borne.

Patrick Mignola explique ainsi : « Les règles de l’assurance chômage, quand la société est en difficulté, doivent être assouplies. En revanche, quand on a une société économique qui va mieux, il faut qu’on soit plus exigeants ». En clair, ce sont de nouvelles attaques contre les droits des personnes au chômage qui sont mises sur le tapis, ce qui constituerait une attaque grave contre notre camp social.

Il précise ainsi que pour « les plus fragiles » et « les plus éloignés de l’emploi », il faudra réfléchir pour « les indemniser plus et plus longtemps ». Les autres chômeurs, « moins fragiles » , se verraient probablement privés ou réduits très fortement de leur allocation, mentionnant également le « temps » de l’indemnisation qui devrait également être remis en cause.

Un projet fidèle au programme de guerre sociale du gouvernement

En réalité, les déclarations de Patrick Mignola s’inscrivent pleinement dans le projet de guerre sociale du gouvernement et présagent des nouvelles mesures que ce dernier pourrait prendre. En effet, à travers la société du plein emploi que le président nous promet, ce dernier se prépare à transformer les travailleurs privés d’emploi en main-d’œuvre docile et bon marché, dans la stricte continuité de son programme de guerre sociale. À propos des 35h par exemple, ce dernier déclarait à ce sujet lors d’un entretien à Marianne, en janvier dernier : « On peut accepter de travailler 45 heures par semaine quand on a 25 ans, puis réduire son temps de travail quand on a des enfants ou quand on est senior ».

De la même manière, le président, alors encore candidat, déclarait le 17 mars lors d’une conférence de presse que les bénéficiaires du RSA seront contraints de « consacrer 15 à 20 heures par semaine pour une activité permettant d’aller vers l’insertion professionnelle, soit de formation en insertion soit d’emploi ».

Toujours dans la même veine, il y a évidemment le projet de contre-réforme des retraites. Macron déclarait ainsi, toujours lors de son allocution de janvier : « Nous sommes dans une société qui vieillit (...), il est donc normal, surtout compte tenu de la nature des comptes publics, que nous travaillons plus ». Tout autant de promesses faites au patronat, et que le président des riches semble bien déterminé à tenir malgré les difficultés de son nouveau mandat.

Face à la crise, le gouvernement est décidé à faire payer les couches populaires

Ainsi, alors que l’économie mondiale est au plus mal, et que l’inflation vient d’atteindre les 5,2 % sur un an en France d’après l’INSEE, la macronie est visiblement déterminée à faire payer le prix fort aux couches populaires.

En tout cas, c’est bien le message qu’envoie les déclarations de Patrick Mignola ce lundi. De la même manière, Bruno le Maire rencontrait le grand patronat la semaine dernière afin de les rassurer, leur faisant notamment la promesse de baisser les impôts sur la production.

Dans ce contexte, alors que le gouvernement marche main dans la main avec le patronat et se montre déterminé à faire la guerre à notre camp, il n’y a aucun espoir à avoir dans le dialogue social promulgué par les directions syndicales. Bien au contraire, c’est bien d’un véritable plan de bataille dont nous avons besoin si nous voulons faire reculer le gouvernement !



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