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Préparons la riposte !

Guerre sociale : Macron engage pleinement la nouvelle bataille des retraites

Macron est à peine réélu que l'exécutif est pleinement mobilisé pour imposer la réforme des retraites. Les sorties des ministres Bruno Le Maire et Elisabeth Borne ont d'ores et déjà démontré la détermination du camp d'en face. Alors qu'ils s'apprêtent au combat, il s'agit de rompre tout "dialogue social". L'heure est à se préparer à riposter.

Olga Hagen

27 avril 2022

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La réforme des retraites : priorité n°1 de Macron

Macron tout juste réélu, la question de la réforme des retraites a déjà fait son grand retour. Bruno Le Maire, invité sur France Info lundi matin pour discuter des retraites, a remis le sujet sur la table en affirmant d’une part la nécessité de « changer de façon de gouverner », « de discussion et de dialogue, avec l’espoir de parvenir à un compromis », et d’autre part « ne pas exclure » la possibilité d’avoir recours au 49.3... Une démonstration de la détermination du camp d’en face.

De ce point de vue, la réforme des retraites a le mérite d’être claire. Alors que lors du précédent quinquennat, Macron avait cherché à maquiller sa réforme des retraites avec un nouveau « système universel », le projet est « remballé dans les cartons », pour une réforme des retraites plus « classique ». Aujourd’hui, c’est bien le recul de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans dont il est question : il s’agira de « faire travailler les Français plus longtemps ».

Et si Macron déclarait pendant l’entre-deux-tours « ouvrir la porte très clairement » aux négociations sur l’âge légal de départ à la retraite, assurant que « les 65 ans ne sont pas un dogme » pour s’adoucir sur sa mesure phare en perspective du second tour, B. Le Maire affirmait ce lundi que l’âge de 65 ans constitue bien le « cap » « non négociable » de la réforme.

Renouer avec le « dialogue social » pour mieux désarmer le monde du travail

Si cette réforme sera le marqueur central de son quinquennat, il n’est pas anodin que Macron cherche à renouer avec le dialogue social. Alors qu’il avait voulu passer « au-dessus » des corps intermédiaires dans la première partie de son mandat, la discussion avec les partenaires sociaux avait repris par la suite : au plus dur du mouvement des Gilets jaunes, fin 2019, pour diviser le mouvement des retraites en lui enjoignant de faire une pause à Noël, tout au long de la réforme de l’assurance-chômage ou encore avec le Ségur de la Santé, pour contenir l’explosion de colère des soignants au sortir de la première vague. Pour sa nouvelle réforme des retraites, le gouvernement prend donc les devants, tirant les bilans du mandat précédent où sa stratégie offensive a provoqué des mouvements sociaux d’une ampleur inédite.

En parallèle, le gouvernement entend s’appuyer sur un deuxième outil, celui des concertations. En ce sens, les « Conventions Citoyennes » semblent être la nouvelle manœuvre de contention en vogue du gouvernement : après la Convention Citoyenne pour le Climat, « une convention citoyenne sur la fin de vie, […] sur l’école, […] sur l’offre de santé, et enfin une transition écologique plus négociée dans les secteurs économiques et les territoires » sont à venir note ainsi Thierry Pech, co-président de celle sur le Climat. Des manœuvres pseudo-démocratiques qui jouent, elles aussi, un rôle de contention sociale, dans l’objectif de faire plus aisément avaler la pilule des réformes les plus dures.

Macron prépare sa guerre sociale : préparons la riposte dès aujourd’hui !

Face à ce prétendu « changement de méthode », et en dépit de l’impasse systématique de ce « dialogue social », les directions syndicales semblent en demander davantage. Ces dernières semaines, leurs appels du pied en ce sens ne sont d’ailleurs pas passés inaperçus : celles-ci se sont ainsi réunies régulièrement aux côtés des organisations patronales depuis début janvier pour discuter de leur champ de négociations, aboutissant dans l’entre-deux-tours à un texte commun appelant à "redynamiser le dialogue social". Toutes ont d’ailleurs appelé à voter Macron, puis salué sa victoire.

Pourtant, ce n’est ni le dialogue social, ni même les tirades des députés contre la réforme de l’Assemblée, qui ont fait reculer le gouvernement sur la réforme des retraites : c’est la grève illimitée de différents secteurs du monde de travail, et notamment celui des transports. Et bien que la crise sanitaire ouverte par la Covid-19 ait imposé au gouvernement la nécessité d’ajourner la réforme des retraites en 2019, c’est bien le rapport de forces engagé par la grève qui a été déterminant. Sans celui-ci, la réforme à points serait déjà effective.

Après avoir manqué le coche lors du précédent mandat, l’objectif est clair pour la bourgeoisie : faire reculer l’âge de départ à la retraite coûte que coûte, quitte à passer en force comme l’a rappelé Le Maire. La réforme des retraites est une contre-réforme majeure des attaques à venir de la part de Macron, mais elle n’est pas isolée. LREM maintient son projet de « contrepartie » pour le RSA, poussant ses allocataires à travailler ou se former 15 à 20 h/semaine pour bénéficier des 506 euros par mois, poursuit sa réforme de l’assurance-chômage, celle du compte épargne-temps des travailleurs (soit la possibilité de placer ses congés/RTT sur un compte pour pouvoir les épargner directement ou pour sa retraite), mais aussi sa lutte contre la « fraude sociale » et, évidemment, sa casse des services publics comme l’université, l’hôpital, les transports ou encore l’éducation.

La Macronie a une stratégie claire pour mieux faire passer ses offensives contre les travailleurs. La riposte, elle aussi, doit reposer sur une stratégie claire, à la hauteur de ce qui nous attend. Le « dialogue social » porté par les directions syndicales n’a fait et ne fera que désarmer notre classe. Il faut rompre avec ce dernier, en mettant en place un plan de bataille sur le terrain des grèves et des manifestations, et en construisant bloc de résistances pour affronter le quinquennat à venir.


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