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Notre classe

Sous Blanquer comme sous Pap Ndiaye…

Halte à la répression : pour un poème, un enseignant de Pantin menacé de sanction par le Rectorat

Encore un nouveau cas de répression dans l’éducation. Dans l’Académie de Créteil, c’est au tour d’un enseignant de Pantin (93), ayant lu un poème satirique en Conseil d’Administration, de subir la politique de censure portée par le ministère : la poursuite en diffamation déposée par l’inspection académique ayant abouti sur un non-lieu devant la justice, c’est désormais l’administration qui cherche à régler ses comptes elle-même.

mardi 14 juin

Le dossier de l’école Pasteur (Saint-Denis) est à peine refermé… Après plusieurs semaines de grève et de mobilisation, une équipe investie, solidaire, menant des projets pédagogiques alternatifs tout en étant ancrée sur le territoire s’est vu mutée du jour au lendemain. Cette répression d’une équipe enseignante impliquée et dynamique est la longue trainée de poudre d’une gestion autoritaire et répressive des personnels d’éducation, dont la souffrance et la crise des vocations sont exposées actuellement dans tous les médias.

Force est de constater que la présence du nouveau ministre, Pap Ndiaye, pourtant jugé comme plus progressiste que son prédécesseur, n’y a rien changé…

Censure, diffamation par voie de presse, répression

À Pantin, l’enseignant réprimé pour avoir lu un poème en Conseil d’Administration se retrouve convoqué au Rectorat de Créteil pour la deuxième fois. Convoqué une première fois en janvier pour un entretien au motif « d’évoquer sa situation professionnelle » - c’est le motif qui peut être administrativement utilisé pour instaurer des sanctions allant du blâme à la mutation forcée-, « notre collègue a pu expliquer, avec le soutien de tous nos collègues, que le texte était un écrit collectif, qu’il n’en était que le rapporteur, en qualité d’élu et non d’enseignant » rapporte le communiqué intersyndical (Snes93, Sud93, CNT, CGT93). S’en est suivie une plainte pour outrage et diffamation portée par un des deux inspecteurs ayant animé la formation visée. Celle-ci a été classée sans suite…

L’affaire, devenue aussi burlesque que le contenu du poème, n’en est pourtant pas à son dernier rebondissement. Les inspecteurs académiques n’ont pas hésité à relayer leurs propos diffamants dans la presse, accompagnés d’un rapport particulièrement injurieux des « Sages de la laïcité », un comité entièrement composé par l’arbitraire du ministère… Malgré cet échec devant la justice, le rectorat poursuit l’offensive : le collègue est convoqué dans le cadre d’une procédure disciplinaire pour « comportement professionnel inadapté en donnant lecture lors d’un conseil d’administration d’une fable faisant un descriptif animalier ». Sacré motif !

Solidarité et rassemblement au lycée Berthelot le 15 juin pour un piquet de grève du bac

En face, la solidarité ne s’est pas fait attendre : c’est par une série de texte, plus poétique et irrévérencieux les uns que les autres, que les enseignant.e.s du lycée Angela Davis et de Paul Eluard de Saint-Denis ont exprimé leur soutien.
« un enseignant fort courroucé
D’être formé par le silence
Se voit mander, sans trop tarder,
Pour condamner son insolence »

« Ironiser en République : quel crime abominable ! », résume le texte. Ou encore qui raille « le mal devenir bien, le faux devenir vrai ? » et qui condamne en sous-texte l’idéologie islamophobe du ministère et sa novlangue laïcarde.

A la force des mots, il faut joindre la force des corps. Mercredi 15 juin, jour des épreuves du baccalauréat de philosophie, les enseignants de Maurice berthelot à Pantin appelle à faire grève et à organiser un piquet de grève devant l’établissement à partir de 7 heures du matin. Soyons nombreux à les rejoindre et à les soutenir.



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