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Racisme d'Etat

Harcèlement raciste à Paris : en 4 jours la police effectue 4 opérations d’expulsion de migrants

Ce mardi la police parisienne a une nouvelle eu recours à la violence envers les migrants, la quatrième fois en quatre jours ! Tentes lacérées et volées, une nouvelle démonstration de la chasse au migrant orchestrée par le gouvernement quelques mois avant les présidentielles.

mercredi 22 décembre 2021

Crédits photo : Capture d’écran Utopia 56

Le 21 décembre 2021 l’association utopia 56, venant en aide aux migrants, dénonçait sur son compte Twitter une nouvelle action violente de la part de la police à l’encontre de migrants installés dans le nord de Paris.

Dans la vidéo partagée par l’association, on peut voir les agents expulser violemment les personnes de leurs tentes. En plus de déloger les personnes abritées, l’association affirme que ces tentes, pourtant distribuées par utopia 56 et financées par des dons, ont été emportées par la police.

Il convient de rappeler que cette opération particulièrement odieuse n’est pas isolée. En effet, à de nombreuses reprises, la police a eu recours à des expulsions violentes de personnes migrantes, s’en prenant à leurs tentes et à leurs objets personnels. Déjà en novembre 2020 la police faisait preuve d’une violence particulièrement choquante à l’encontre de migrants installés sur la place de la République.

Mais on se souvient aussi en décembre 2020 des tentes lacérées dans le bois du Puythouck, à Grande-Synthe (Nord) et les jetaient à la poubelle.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait alors expliqué que ces actes étaient le fait d’un employé d’une société privée qui avait par la suite été licencié. `

Pourtant comme en atteste leur récurrence, ces actions ne peuvent vraisemblablement être le fruit de quelques individus mal intentionné, mais résultent bien d’une pratique consciente et institutionnelle à l’égard des personnes migrantes. Et ce, quoiqu’en dise Éric Dupont-Morreti qui affirmait : « Je ne pense pas qu’il y ait un ordre gouvernemental pour lacérer des tentes (…) vous vous rendez compte de ce que l’on suggère ? Que l’on pourrait, comme ça, impunément lacérer des tentes, qu’on l’encouragerait et qu’on ne distribuerait pas des vivres à ces migrants ? » En effet, que ce soit médecin du monde, le secours catholique, utopia 56 ou l’auberge des migrants, ce sont autant d’associations d’aide aux migrants qui dénoncent ces pratiques violentes de destruction de tentes que ce soit par lacération ou par réquisition avant de les jeter. Si ce ne sont pas des ordres gouvernementaux directs, leurs récurrences démontrent encore une fois qu’il s’agit bien là de pratiques admises et cautionnées.

En tout état de cause et quelque soit la manière dont les personnes migrantes sont privées de leurs abris, les conséquences restent les mêmes. Ces personnes déjà particulièrement précaires sont privées des maigres moyens mis à disposition pour dormir et pour se chauffer un minimum. D’autant plus qu’il convient de rappeler qu’une grande partie de ces moyens matériels et humains d’accueil des personnes migrantes relèvent du milieu associatif et non de l’Etat lui-même.

De plus, ce n’est pas seulement aux tentes que cette politique anti-migrant s’en prend. Une représentante de Médecins du monde affirmait à l’AFP que « le harcèlement policier » consistait aussi à dérober les effets personnels des migrants et "à mettre des rochers pour bloquer les distributions humanitaires."

L’association utopia 56 affirme à ce titre que cela fait maintenant trois jours de suite que la police s’acharne à déloger les migrants parisiens. Ces pratiques s’inscrivent bien dans la continuité de la politique que le gouvernement a appliquée en l’encontre des personnes migrantes. En effet, parallèlement aux attaques normatives de la circulaire Collomb en décembre 2017 et de la loi asile immigration en 2018, le gouvernement n’hésite pas à avoir recours à la répression la plus féroce.

Face à ces politiques racistes et inhumaines, il est urgent de lutter pour l’accueil de chacun dans des conditions dignes en mettant à disposition des logements et des moyens matériels suffisants.




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