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Interview

Hausse de l’électricité : « ce sont les travailleurs qui peuvent imposer des prix abordables »

Alors que le gouvernement a annoncé une hausse de 10% du prix de l’électricité, nous avons donné la parole à Virginie Neumayer, représentante syndicale FNME-CGT et travailleuse dans le secteur énergétique depuis plus de 20 ans.

Lino Lussu

25 janvier

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Hausse de l'électricité : « ce sont les travailleurs qui peuvent imposer des prix abordables »

Crédit photo : Wikicommons

Alors que le gouvernement a annoncé une hausse de 10 % du tarif de l’électricité pour le 1er février, et que des grèves éclatent dans certaines branches d’EDF, nous avons donné la parole à Virginie Neumayer, représentante syndicale FNME-CGT et travailleuse dans le secteur énergétique depuis plus de 25 ans.

Révolution Permanente : Comment avez-vous réagi à l’annonce du gouvernement d’augmenter de 10 % le prix de l’électricité au 1er février ?

Virginie Neumayer : Ce n’était pas du tout une surprise. Nous avions déjà alerté sur le retour de cette fameuse taxe (TICFE) dès le moment où la mise en place du bouclier tarifaire avait été annoncée. Cette mesure avait un caractère très temporaire et très coûteux pour les finances publiques, ce n’était pas la solution. Pour preuve, cette annonce d’une hausse de 10 % fait suite à deux autres augmentations consécutives, celle du 1er février 2023 et du 1er août 2023.

Nous avons proposé d’autres voies à maintes reprises. Des réformes structurelles des questions énergétiques et a fortiori électriques, axées sur la sortie de la logique de marché. L’idée est de rapprocher le tarif final de l’électricité et son coût de production, de ne pas accepter que ce produit soit soumis à la spéculation. La spéculation entraîne des variations de prix indépendantes de l’état réel de la production, lorsqu’il y a des événements géopolitiques ou même des mouvements sociaux comme la grève des électriciens et gaziers au début d’automne 2023. Cela ne devrait pas être possible !

RP : Parallèlement à cette hausse, vos salaires demeurent en dessous de l’inflation et un mouvement social est d’ailleurs en cours. Est-ce que vous liez cette question et celle de l’augmentation du tarif de l’électricité ?

VN : Oui. Ce dont ont besoin les salariés, c’est d’abord d’un salaire pour pouvoir vivre et compenser l’inflation. À ce sujet, il faut rappeler que la part des salaires par rapport au chiffre d’affaires de l’ensemble du groupe est marginale, de l’ordre de 13 milliards sur 85 milliards au total. Donc augmenter les salaires ne correspondrait absolument pas à une hausse du tarif pour les consommateurs. Ce qui fait monter les prix, c’est la spéculation.

Le lien entre les deux questions, on le fait aussi car ce sont les travailleurs eux-mêmes qui peuvent assurer le bon fonctionnement du service public de l’énergie. Ce sont eux qui peuvent assurer la transition écologique dont nous avons besoin également. Ce sont eux qui, par leur travail, sont en capacité d’assurer des prix abordables pour les consommateurs. C’est donc à ce titre qu’ils doivent être rémunérés correctement, on a toujours lié les deux questions.

RP : Selon vous, quelle devrait-être la gestion d’EDF concernant les salaires et le prix de l’électricité ?

VN : Au niveau salarial, comme c’est d’actualité, nous revendiquons l’indexation des salaires sur l’inflation comme ça peut se faire en Belgique, avec une part fixe. On veut aussi moins de part variable dans les salaires. On a constaté ces dernières années que les patrons utilisent de plus en plus cela, ça leur permet d’échapper au financement de la protection sociale.

Après, sur la structuration du service public, on dénonce l’éclatement du secteur en différentes entreprises privées, comme on l’a vu avec Engie. Aujourd’hui Engie est une entreprise comme une autre, avec une part importante de rémunération de ses actionnaires. Ce principe n’est pas compatible avec le service public et la question du monopole public est nécessaire, car c’est le modèle le plus efficace. Ce système a fait la démonstration de son efficacité depuis plus de 80 ans, depuis la création d’EDF et GDF.

Lire aussi : Appel national à la grève pour les salaires chez EDF le 30 janvier : « Il faut une reconductible ! »


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