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Hausse des prix. Le Maire nous demande « des efforts », les grands patrons doivent payer !

Face à l'augmentation des prix, et notamment du gazole qui a augmenté de plus de 8 % en une semaine, Bruno Le Maire a appelé à "des efforts" et refuse d'envisager un "quoi qu'il en coûte". Il entend ainsi faire payer l'inflation aux travailleurs. Ce sont les grands patrons qui doivent payer !

mardi 8 mars

L’augmentation des prix continue et devrait s’aggraver

Ces derniers jours, les photos de stations-service affichant des prix rarement vus s’accumulent sur les réseaux sociaux. D’après le ministère de la transition écologique, le prix moyen du gazole a connu une hausse de 8,13 % la semaine passée, soit 14 centimes à ajouter par litre de diesel à la pompe.

Depuis le mois de septembre 2021, la reprise économique mondiale avait déjà occasionné des hausses durables sur le prix des énergies, mais aussi sur les matières premières et l’alimentaire. D’après l’assureur-crédit Euler Hermes, le coût de l’énergie pour les ménages pourrait ainsi augmenter de 400 euros pour 2022. Une situation qui pourrait se dégrader encore plus dans les prochaines semaines dans le cadre de la guerre en Ukraine. Le spectre d’un conflit long et de nouvelles sanctions, telles que l’arrêt des importations du pétrole russe envisagé par les États-Unis et l’Union européenne, menace en effet d’aggraver fortement la situation. Cela n’est pas sans conséquence sur les marchés financiers, avec un CAC 40 où « le baril de Brent flambe de plus de 6%, autour des 125 $ ».

En 2021, 45 % du gaz importé par l’Union européenne venait de Russie. Aussi, pour la directrice générale de Engie, Catherine MacGregor, interrogée dans Les Echos, un durcissement des sanctions avec un arrêt des achats de gaz russe (auquel s’oppose pour le moment l’Allemagne) aurait « des conséquences très importantes, de manière immédiate, sur les prix de l’énergie et, dès l’hiver prochain, sur les clients - les industriels comme les particuliers ».

A cela s’ajoute une prochaine hausse sur les prix de l’alimentaire, aggravée là encore par la guerre en Ukraine.. L’Ukraine et la Russie représentent en effet 30% des exportations mondiales de blé et d’orge. Une tendance renforcée par la dépendance aux engrais que produisent les Russes et à la répercussion de la hausse du coût de l’énergie, engendrant un risque pour les exploitations agricoles en Europe. Un des patrons de la grande distribution, Édouard Leclerc, explique ainsi, « dans les deux mois qui viennent, on aura une hausse moyenne sur l’alimentaire de 3,6% dans toutes les enseignes. »

Face à la hausse des prix, le gouvernement appelle à… « faire un effort »

Face à cette situation, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie a annoncé lundi sur BFM TV la couleur : ce sont les travailleurs et la population qui devront payer le prix de la situation. « Nous devrons tous faire un effort » a-t-il ainsi expliqué avant d’exclure tout « quoi qu’il en coûte » - réservé semble-t-il au patronat - et de rappeler le coût des mesures déjà prises, telles que le chèque énergie ou le plafonnement des tarifs.
Dans ce cadre, si des mesures sont prises, elles devraient s’inscrire dans la continuité de l’enfumage récent sur la révision du barème d’indemnité kilométrique de 10 %, qui ne touche qu’une partie de la population et s’avère particulièrement minimale.

Contre les mesures cosmétiques du gouvernement, la seule réponse viable réside dans une augmentation généralisée des salaires de 300 euros net pour toutes et tous, accompagnés d’une indexation des salaires et pensions sur le taux d’inflation. Il s’agirait d’un enjeu qui permettrait d’unifier les revendications de nombreux secteurs de salariés de la première et seconde ligne qui ont lutté récemment pour une reconnaissance de leur travail souvent sous-payé.

En outre, pour financer les mesures d’urgence concernant l’énergie, ce sont les grandes multinationales aux superprofits qui doivent payer. En France de mars 2020 à octobre 2021, la fortune des milliardaires français a augmenté de 86% selon le rapport d’Oxfam. Total a de son côté connu son profit le plus élevé depuis 15 ans avec 16 milliards de dollars pour 2021 sur le dos d’une augmentation du prix de l’énergie et de l’exploitation de ressources polluantes. Dans ce cadre, il est légitime d’exiger la réquisition immédiate des superprofits accumulés par les grandes entreprises de l’énergie, au service de l’accès à toutes et tous à une énergie bon marché via la suppression de la TVA sur l’énergie, bien de première nécessité pour les travailleurs.

Alors que de nombreuses grèves ont éclaté ces derniers mois sur la question des salaires, il serait fondamental de proposer un plan de bataille qui chercher à soutenir et coordonner par en bas ces conflits, et à construire la perspective d’un grand mouvement d’ensemble en défense des salaires et du pouvoir d’achat. Les prix augmentent, c’est au patronat qui a engrangé des profits historiques depuis deux ans d’en payer le prix !



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