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Guerre au Caucase

Haut-Karabakh : les bombardements continuent pendant le cessez-le-feu 

Malgré les tentatives de médiation de la Russie dans le conflit au Haut-Karabakh, le cessez-le-feu humanitaire décidé entre les forces arméniennes et l'armée azerbaïdjanaise n'est pas respecté et les hostilités se poursuivent.

lundi 12 octobre

Crédit photo : Les membres d’une équipe de secours dans le quartier visé par des tirs de roquettes dans la grande ville de Gandja, en Azerbaïdjan, le 11 octobre. UMIT BEKTAS / REUTERS 
 
« Les forces armées arméniennes ne respectent pas la trêve humanitaire et poursuivent les tirs de roquettes et d’artillerie sur les villes et villages d’Azerbaïdjan » affirme Vaguif Dyargahly porte-parole du ministère de la défense azéri tandis que son homologue arménien déclare qu’« hier comme aujourd’hui, l’Azerbaïdjan continue de frapper la capitale séparatiste Stepanakert et d’autres villes, visant les populations civiles et les positions militaires arméniennes ». Comme depuis le début du conflit le 27 septembre dernier, les belligérants se renvoient la responsabilité des hostilités et ne veulent rien céder. Pourtant, un cessez-le-feu et une trêve humanitaire avaient été conclus samedi dernier entre les forces arméniennes et l’armée azérie sous l’égide de Moscou. 
 
D’un côté comme de l’autre, les accusations de non respect du cessez-le-feu ne cessent de fuser depuis le dimanche 11 octobre. Moins de 24 heures après le cessez-le-feu humanitaire décidé à partir du samedi midi, la ville de Gandja, deuxième plus grande ville d’Azerbaïdjan, était la cible de tirs nocturnes qui ont fait plusieurs victimes civiles en pleine nuit. La capitale séparatiste du Haut-Karabakh, Stepanakert, était aussi la cible de trois vagues de bombardements en pleine nuit. Des tirs d’artillerie sur la ligne de front ont retenti dans la journée de dimanche. Le dirigeant arménien du Haut-Karabakh, Araïk Haroutiounian, affirme dans une conférence de presse qu’« il y a des accrochages à la frontière » entre les forces en présence et qu’« il n’y a pas eu de cessez-le-feu » en réalité tandis que le président de l’Azerbaïdjan affirme sur Twitter que les bombardements constituent une « violation flagrante du cessez-le-feu » et un « crime de guerre ». 
 

 
 
L’accord de cessez-le-feu conclu à Moscou entre les ministres des affaires étrangère arméniens et azerbaïdjanais en présence de Sergueï Lavrov, leur homologue russe, « à des fins humanitaires pour l’échange de prisonniers de guerre et d’autres détenus, ainsi que des corps de morts » n’aura donc pas porté ses fruits. De ce fait, les « négociations de fond en vue de parvenir à un règlement pacifique le plus rapidement possible » que le chef de la diplomatie russe appelait de ses vœux en tant que représentant du Groupe de Minsk de l’OSCE, un groupe qui rassemble la Russie, la France et les Etats-Unis, sont tombées à l’eau pour l’instant. Cela pose un sérieux danger pour l’hégémonie russe dans le Caucase. En effet, si la Russie n’est pas capable de montrer qu’elle peut rétablir la paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, sa crédibilité va prendre un coup dans toute cette région qui est fondamentale pour sa défense et son influence parmi les Etats issus de l’Union Soviétique. 
 
 
De son côté, la Turquie semble poursuivre sa ligne offensive dans le conflit . En effet, le ministère turc de la Défense nationale appelle dans un tweet la communauté internationale à s’opposer à l’Arménie, accusée d’avoir rompu le cessez-le-feu : « L’Arménie qui commet un crime de guerre et un crime contre l’humanité, viole à présent le cessez-le-feu. L’Arménie poursuit ses attaques contre les zones d’habitation civile même pendant le cessez-le-feu ». Dans le même temps, les rapports d’envoi de mercenaires syriens de la part d’Ankara vers le Haut-Karabakh traduisent concrètement les intentions de la Turquie qui s’est dite prête à faire « tout ce qui serait nécessaire » afin d’aider son allié azerbaïdjanais. 
 
La situation dans le Haut-Karabakh ne semble pas pour l’instant trouver d’issue malgré la médiation du groupe de Minsk, notamment de la Russie . Les divergences entre l’approche russe, modérée et conciliatrice, et celle de la Turquie, ouvertement en faveur de son allié azéri, sont à surveiller de près dans cette zone située aux confins des deux puissances et qui constituent un enjeu stratégique essentiel dans la région. 




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