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Historique ! Les palestiniens s’unissent pour une grève générale massive contre l’Etat d’Israël

Face à la politique criminelle de l'Etat d'Israël, plusieurs organisations ont appelé à une grève générale, qui a été massivement suivie par les palestiniens de Cisjordanie, les arabes israéliens ainsi que de nombreux palestiniens déplacés au Liban.

mardi 18 mai

Source photo : Abbas Momani/AFP

Après plus d’une semaine de bombardements sur la bande de Gaza, couplés aux mobilisations de la jeunesse palestinienne de Jérusalem, réprimée dans une violence inouïe, le nombre de palestiniens assassinés par les autorités de l’Etat d’Israël s’élevait déjà à près de 212 morts mardi. De leurs côtés, les autorités palestiniennes affirment que près de 40% des victimes des bombardements seraient des femmes ou des enfants.

En réponse à cette offensive tous les jours plus meurtrière, la jeunesse du quartier de Sheikh Jarrah, ainsi que des milliers de palestiniens et d’arabes Israëliens venant des villes mixtes du pays, s’organisent et manifestent quotidiennement, comme à Lod, Haïfa, Jaffa ou Tel-Aviv. La multiplication des manifestations et la mise en place d’un Etat d’urgence dans la ville de Lod, ainsi que les bombardements sur Gaza, ont poussé le Haut comité de suivi des Citoyens arabes d’Israël (organisme composé de représentants politiques palestiniens et d’organisations sociales) à appeler à une grève générale massive en Cisjordanie, mais aussi en Israël.

Ce mardi 18 mai, la grève a été très suivie et s’est ensuite matérialisée dans la rue au travers des manifestations massives dans des villes telles que Jaffa et Haifa. Cette grève a également été suivie en Cisjordanie, en Israël mais aussi dans les camps palestiniens de Aïn el-Heloué et de Miyé Miyé au Liban près de Saïda.

Une situation inédite depuis 1936

Si cet appel à une grève générale atteint une telle portée, c’est parce que la situation de lutte contre l’État colonial israélien fait particulièrement écho à la la lutte de 1936, qui avait poussé les paysans et les travailleurs palestiniens à construire une grève massive contre le mandat britannique.

Face à la colonisation anglaise et l’organisation par cette dernière de l’arrivée de populations juives par le biais du rachat des terres palestiniennes, les palestiniens de Naplouse avaient organisé une grève historique pour la libération de leur territoire et leur autodétermination. Les méthodes radicales des travailleurs, notamment le sabotage de l’oléoduc de l’Iraq Petroleum Company, avaient vite dépassé les dirigeants et notables arabes qui n’avaient pas pour objectif une grève longue et radicale, avant que celle-ci ne se termine dans une répression sanglante organisée par le colon anglais. Ces révoltes avaient donné lieu par la suite à de longues mobilisations jusqu’en 1939, opposant les travailleurs palestiniens au mandat britannique.

Le retour de la grève comme perspective de lutte contre l’Etat colonial d’Israël est une nouveauté, qui s’explique par le recul des organisations politiques qui composaient les autorités palestiniennes et qui avaient jusqu’à présent préféré une normalisation des conditions de la colonisation. Les explosions spontanées de la jeunesse de Sheikh Jarrah, et désormais la perspective de la grève générale viennent bousculer la politique historique du Fatah ainsi que celle des autorités palestiniennes.

Comme le souligne Rehbi, un commerçant de la ville de Jérusalem interviewé par RFI : « Je crains que la prochaine Intifada, le grand soulèvement, ne soit pas seulement contre les Israéliens, mais aussi contre l’Autorité Palestinienne. Ces responsables qui sont les nôtres, aident Israël à nous opprimer. Notamment, en coopérant sur le plan sécuritaire ».

Vers la perspective d’une unification du mouvement ?

La principale force de cette grève générale, c’est qu’elle réussit, pour une fois, à unifier les arabes israéliens aux palestiniens de Cisjordanie, aux côtés des déplacés de force présents dans toute la région et plus particulièrement dans les pays arabes voisins. Une unité qui n’a pas été vue depuis des années et qui s’est exprimée avec forces en Cisjordanie, à Ramallah.

Les villes de Bélen, Beit El, Nablouse ou Tulkarem ont elles aussi été le terrain de manifestations massives. A Jérusalem, les quartiers concentrant en majorité une population arabe étaient déserts, en soutien aux palestiniens actuellement bombardés par l’État d’Israël, sous l’œil complice des Etats-Unis et de l’Union Européenne, et avec eux les bourgeoisies arabes de la région.

Face à ces mobilisations, l’Etat d’Israël s’est adonnée à une répression féroce. A al-Bireh, un palestinien a été assassiné par la police israélienne. A l’heure actuelle, il y aurait des dizaines de blessés du fait de la répression.

La perspective de la grève générale réactive la possibilité pour la population palestinienne de s’unir contre le colonialisme israélien et de remettre en question son oppression, et ce en se mobilisant contre Israël et l’ensemble de ses alliés impérialistes. Une perspective à soutenir dans l’ensemble du monde, pour que les travailleurs palestiniens puissent obtenir une véritable libération de l’oppression que l’Etat colonial, raciste et assassin d’Israël lui impose.




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