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Hong Kong. Des dizaines de milliers de manifestants défient Pékin pour les 31 ans de Tiananmen

Le régime renforce son emprise sur la cité-Etat, mais la mobilisation contre la restriction des droits démocratiques se poursuit.

jeudi 4 juin

Crédit photo : AP

Ce 4 juin marquait l’anniversaire du massacre de la place Tiananmen de 1989. Le même jour le parlement hongkongais, dominé par des forces pro-Pékin, adoptait une loi interdisant de manquer de respect à l’hymne national chinois, imposant des peines pouvant aller jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et jusqu’à 6 500 dollars d’amende.

Tout cela faisait de cette journée un moment hautement symbolique pour Hong Kong. En effet, cette nouvelle mesure fait suite à l’adoption de la nouvelle loi de sécurité nationale qui permettra au régime chinois d’imposer un contrôle répressif plus fort sur Hong Kong. En ce sens, « l’interdiction d’insulter l’hymne national » devient un instrument supplémentaire dans cette tentative de Beijing de mettre de fait fin au mouvement de contestation qui s’y développe depuis un an, en limitant certains droits comme la liberté de réunion, l’accès illimité à Internet, la liberté de presse, entre autres.

En effet, Hong Kong, ex colonie britannique, a été rétrocédé à la Chine en 1997, sous les conditions de la politique dite de « un pays, deux systèmes ». Même si la mention à « deux systèmes » est complètement mensongère (la Chine est devenue un pays capitaliste), il est vrai que Hong Kong a pu conserver certaines libertés démocratiques par rapport à la population du reste du pays.

Toutes les tentatives de Pékin pour renforcer son contrôle sur ce territoire semi-autonome a suscité de la résistance et la contestation. Dans ce contexte de méfiance, et notamment ces dernières années, spécialement lors des évènements sportifs, le moment de l’hymne national a été l’occasion de l’expression du rejet du régime politique chinois.

Dans le contexte de relations très tendues entre la Chine et les États-Unis (et leurs alliés), le mouvement de contestation à Hong Kong deviennent de plus ne plus problème de politique intérieure et extérieure. En même temps, la dispute avec les puissances occidentales pousse le régime chinois à accentuer sa politique nationaliste réactionnaire. Dans ce cadre, on peut comprendre la loi contre les offenses à l’égard de l’hymne national comme une façon de s’attaquer au mouvement de protestation hongkongais tout en cherchant à renforcer sa base sociale en Chine continentale présentant les contestataires à Hong Kong comme hostiles à la nation chinoise.

Commémoration des 31 ans du massacre Tiananmen

Étant donné ces caractéristiques particulières du régime politique à Hong Kong par rapport au reste de la Chine, tous les ans on y commémore la répression sanglante de la révolte de la place Tiananmen en 1989. Mais cette année en raison de la pandémie de Covid-19, les autorités avaient interdit tout rassemblement. Cependant, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées place Victoria pour commémorer les 31 ans de cette révolte étudiante et ouvrière et en même temps faire le parallèle avec la situation actuelle et leur lutte contre le régime chinois.

La révolte de la place Tiananmen de 1989 avait symbolisé le combat de la jeunesse étudiante et ouvrière contre les mesures pro-capitalistes prises par la bureaucratie maoïste et pour plus de droits démocratiques. L’écrasement dans le sang de cette révolte a ouvert la voie à l’accélération de la restauration capitaliste en Chine, l’ouverture au marché international et la surexploitation de sa classe ouvrière par les entreprises chinoises et multinationales.

Les impérialistes ne sont jamais des alliés des peuples

Aujourd’hui le gouvernement nord-américain dit défendre les manifestants hongkongais contre Pékin. Il s’agit de pure hypocrisie. Comme on peut le voir actuellement avec la répression contre les milliers de personnes qui se mobilisent aux États-Unis exigeant justice pour George Floyd, le gouvernement de Trump n’a rien à faire des droits démocratiques et des luttes populaires.

Au contraire, même si aujourd’hui le modèle d’intégration de la Chine à la globalisation capitaliste commence à atteindre certaines limites, les entreprises multinationales et les investisseurs occidentaux ont largement tiré bénéfice du régime répressif chinois. C’est cette répression sur la population et surtout sur la classe ouvrière qui a permis maintenir un contrôle féroce sur les travailleurs les empêchant de lutter pour leurs droits, de se syndicaliser, de combattre l’exploitation capitaliste, entre autres. Et cela a été très bénéfique pour les profits des multinationales de toutes les puissances impérialistes.

La mobilisation actuellement à Hong Kong ne doit pas tomber dans le piège de voir un allié dans le gouvernement impérialiste de Donald Trump. Au contraire, les alliés du mouvement hongkongais ce sont tous celles et ceux qui se mobilisent aux États-Unis contre les violences policières et les inégalités sociales, ce sont aussi les jeunes et les travailleurs de la Chine continentale.




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