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Hong Kong : attacher les enfants pour lutter contre le Covid ?

Derrière les apparences d'une crise sanitaire gérée à la perfection par le gouvernement d'Hong-Kong avec très peu de cas recensés, la réalité est autrement glaçante. Isolations forcées, enfants séparés de leurs parents et attachés aux lits des hôpitaux sont l'expression brutale d'une crise dont le maitre mot des gouvernements à travers le globe reste la répression.

jeudi 18 mars

Crédit photo : May James / AFP

A Hong Kong, alors que le bilan covid laisse entendre une gestion efficace de la crise sanitaire, celui-ci se fait sous le sigle de la répression féroce et d’une politique autoritaire. Celle-ci s’était déjà exprimée lors des précédents confinements avec un isolement drastique et une armée nombreuse pour les faire appliquer par la force.

Actuellement chaque personne testée positive se voit immédiatement hospitalisée de force, et les cas contacts sont placés dans des camps d’isolement administrés par les autorités. Une des méthodes les plus choquantes reste que les enfants sont attachés à leur lits pour tenir en place, isolés de leur famille pendant des semaines lorsqu’eux ou leurs parents sont malades. Les autorités hospitalières le reconnaissent elles-mêmes en tentant de relativiser le scandale tout de même : « D’une façon générale, l’hôpital n’envisagera l’application de moyens de contention physique sur des patients en pédiatrie que pour la sécurité et le bien-être des patients, a annoncé mercredi soir dans un communiqué l’Autorité hospitalière. Le consentement préalable des parents ou tuteurs est demandé ».} Pourtant certains témoignages évoquent une gestion mécanique lourde de conséquence psychologique à nouveau par des séparations de familles dans différentes unités d’isolements, ou encore l’interdiction à des mères d’allaiter par exemple.

Une méthode de répression féroce qui rappelle celle appliquée quelques mois plus tôt contre la jeunesse et les travailleurs hongkongais. Celui-ci avait réprimé par la force le mouvement de contestation avant d’user de la pandémie comme d’une aubaine pour obliger les hongkongais à rentrer et s’isoler.

Et alors que les différentes vagues du Covid ont impacté l’économie, l’objectif du gouvernement est de revendiquer une gestion efficace du virus. En effet, on compterait à peine 11 000 cas et 200 morts en un an, d’après les chiffres officiels. Autrement dit, la clé pour maintenir l’économie à flot malgré un virus létal est de réprimer violemment les travailleurs et leurs familles.

Entre conflits économiques, interétatiques, et internes, les autorités hongkongaises usent donc de mesures toujours plus autoritaires dont l’impact psychique est considérable pour les plus jeunes et leurs familles. Si plusieurs gouvernements, comme celui des Etats-Unis ou dans l’Union européenne se sont emparés au plus vite de ce scandale pour pointer du doigt l’autoritarisme chinois et ainsi espérer détourner l’attention critique portée sur leur propre gestion de la crise sanitaire, il s’agit en dernière instance de la même gestion répressive de la crise sanitaire, avec parfois un degré d’autorité et de répression plus marquée comme à Hong-Kong.

En France, police et mesures répressives ont également été l’arsenal de Macron pour contenter le Medef et les profits du patronat en continuant de mettre la vie des travailleurs en danger. Ainsi, derrière l’indignation des ambassades notamment française et américaine cherchant un émoi populaire, la gestion criminelle de la crise par ces Etats respectifs et leur lourd bilan sanitaire ne sont pas pour autant effacés.

Aussi nous condamnons les méthodes subies par les enfants et les familles hongkongaises, mais ne plaçons aucun espoir dans les autres gouvernements pour proposer de meilleures alternatives. A Hong Kong comme à Paris où l’épidémie est en recrudescence et où le gouvernement a annoncé le reconfinement autoritaire de 16 départements, il plus qu’indispensable d’opposer nos propres méthodes pour en finir avec la crise sanitaire.




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