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Monde

Montée des tensions

Hong Kong : violents affrontements entre manifestants et forces de répression

Nouvel épisode d'affrontement très violent ce dimanche à Hong Kong où les manifestants pro-démocratie continue de se mobiliser malgré la répression policière et les pressions de la Chine.

lundi 16 septembre

Crédit photo : Athit Perawongmetha / Reuters

La tension n’en finit pas de monter à Hong Kong. Ce notamment à l’approche de l’anniversaire des cinq ans du Mouvement des parapluies - dont le mouvement actuel se revendique - et du 1er octobre, date de l’anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine. Ce dimanche, les affrontements entre manifestants et police ont atteint un degré très élevé, illustrant une fois de plus la répression à l’œuvre dans l’ancienne colonie britannique. Le gouvernement de Hong Kong a en effet fait une nouvelle fois usage d’un arsenal conséquent afin de mater la contestation.

Crédit photo : Amr Abdallah Dalsh / Reuters

Dans le quartier central de l’île, les manifestants ont tenté de s’approcher du bâtiment où se situe le siège de l’exécutif du gouvernement. À peine sur les lieux, ils ont dû affronter les forces de répression qui ont fait usage de lacrymogènes et de canons à eau projetant un liquide bleu pour marquer les manifestants. En face, les manifestants ont riposté à l’aide de cocktails Molotov, de pierres et de barricades. En signe de protestation contre l’ingérence chinoise à Hong Kong, ils ont incendié un drapeau chinois et une banderole célébrant le 70ème anniversaire de la fondation de la Chine communiste.

Crédit photo : Jorge Silva / Reuters

Au même instant, d’autres manifestants s’étaient rassemblés aux abords du consulat de Grande-Bretagne dans l’espoir d’obtenir un soutient plus franc de la part de l’ancien pays détenteur du territoire, qui est aujourd’hui sous la coupe de Pékin. Lors de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, la région semi-autonome gardait un certains nombre de concessions démocratiques qui sont aujourd’hui de plus en plus remises en cause par le pouvoir de Xi Jinping. Plusieurs manifestants réclament de la part du gouvernement britannique de leur accorder un passeport de « citoyens britanniques de l’étranger » afin de les protéger du gouvernement chinois. Cette démarche illustre les limites du mouvement. En appeler à l’intervention de l’ancienne puissance coloniale ne peut résoudre les problèmes économiques et sociaux de l’île, où les inégalités sociales sont parmi les plus profondes d’Asie. De plus, cela renforce les idées nationalistes hongkongaises en opposition à la Chine et peut avoir pour conséquences d’exacerber les élans racistes anti-chinois.

Crédit photo : Vincent Yu / AP

Malgré l’intensité de la contestation qui dure depuis le mois de juin, le mouvement à Hong Kong semble toujours aussi polarisé face à un gouvernement qui joue sans broncher la carte de la répression. La solution n’est pas l’appel à l’ingérence états-unienne comme le réclame l’ancienne figure du "Mouvement des parapluies" de 2014, Joshua Wong, ni à l’ingérence de l’ancien pays colonisateur britannique.

Trump ne pourrait risquer de sacrifier une sortie de crise à la guerre commerciale entamée avec la Chine depuis le début de son mandat simplement pour le peuple hongkongais - dont il n’a d’ailleurs que faire. Si les États-Unis, de même que le reste du monde capitaliste, sont ravis de voir la Chine avoir mauvaise presse aux yeux du monde, ce n’est aucunement par soutien à la démocratie et aux hongkongais, mais car cela le met dans de meilleures positions pour négocier la guerre économique de Trump contre la Chine. De même, le Royaume-Uni ne prendrait pas le risque de se brouiller avec son partenaire économique chinois, et ce encore moins à la veille du Brexit.




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