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Monde

Crise des migrants

Hongrie. Tir à balle réelles encouragé contre les migrants

Enea Rossi Lundi 21 septembre, le gouvernement ultra réactionnaire de Viktor Orban a livré une énième preuve honteuse de son cynisme criminel envers tout droit humain élémentaire, à commencer par celui de la vie.

lundi 21 septembre 2015

Le parlement a en effet adopté une série de mesures anti-migrants qui viennent compléter et renforcer la législation répressive déjà entrée en vigueur le 15 septembre (lien). Dans son discours devant les parlementaires, le premier ministre M. Orban a accusé les réfugiés qui essaient de rentrer dans l’Union Européenne par la porte hongrois de mettre en péril le mode de vie européen et cela sans « même pas frapper à notre porte, ils l’enfoncent sur nous ».

Des discours délirants, mais qui ont su convaincre l’hémicycle, étant donné que cette législation, afin d’être approuvée, nécessitait la majorité qualifiée des deux tiers. Ainsi, le texte autorise la possibilité de recourir à un déploiement massif des forces militaires et de police le long des frontières avec la Roumaine, la Serbie et la Croatie pour faire face aux flux des migrants. Les forces de sécurité sont, en plus, autorisées à ouvrir le feu afin de protéger les frontières hongroises. Bien entendu, l’autorisation de tirer sur les migrants est octroyée seulement dans certaines situations et à condition que le tir ne soit pas mortel !

Comme le fait de pouvoir tirer contre les migrants n’a pas été retenu comme suffisamment dissuasif, le gouvernement a également fait approuver d’autres instruments répressifs comme la possibilité de mettre les « clandestins » en garde à vue ou encore de procéder à des perquisitions des lieux où l’on soupçonne que des personnes en situation irrégulière se trouvent.

Alors que, face à la violente répression hongroise, des milliers de réfugiés se sont tournés en direction de la Croatie afin de poursuivre leur chemin vers l’Europe, cette dernière se déclare désormais débordée dans sa capacité d’accueil. Les autorités croates, après avoir fermé presque tous les points de passage entre Croatie et Serbie, essayent à présent de reconduire les migrants arrivés sur son territoire soit vers la Slovénie, soit, à nouveau, vers la Hongrie. La tension au niveau des relations diplomatiques augmente. Pendant que le premier ministre hongrois qualifie d’ « inacceptable » le comportement de son homologue croate, la Slovénie a suspendu jusqu’à vendredi le trafic ferroviaire avec la Croatie.

Cette année 2015 sera à l’avenir marquée comme l’année qui aura définitivement vu la construction européenne laisser tomber son masque humaniste longtemps affiché avec fierté. On se rappellera de cette année comme celle du sacrifice du peuple grec à l’autel de l’austérité que la Troika a fini par imposer, des tragédies des migrants sur les routes méditerranéennes et terrestres et de leur criminalisation une fois atteint le sol européen tant rêvé.

L’été 2015 est fini et l’automne européen a désormais commencé. Le gouvernement hongrois l’a fêté hier avec sa nouvelle législation. « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Mais avec des armes à feu, dans certaines conditions, on peut contribuer à l’abattre.




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