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Jeunesse

Mépris de classe

Honteux. Les jeunes « inemployables » car « jamais à l’heure » et « pas propres » selon F. Hermel

Alors que sur le plateau des Grandes Gueules, le journaliste Frédéric Hermel vomissait son discours réactionnaire de mépris des jeunes et des travailleurs Rafael Cherfy, militant à Révolution Permanente et à la CGT chronodrive lui répondait dans une vidéo sur twitter démontant son discours et rappelant que ce sont les conditions de travail et les salaires qui sont dégradés et non pas une jeunesse qui serait « inemployable ».

jeudi 23 décembre 2021

Le 22 décembre dans l’émission Les Grandes Gueules sur RMC, le journaliste sportif Frédéric Hermel nous offrais une tirade anti-jeunes des plus ahurissante. Justifiant avec aplomb que « toute une partie de la population n’est pas employable […] notamment chez les jeunes qui n’ont pas l’éducation […] sans formation à la vie ». Cette diatribe d’une minute ponctuée des clichés habituels du patronat : « Ils ne savent pas se lever », parfois même « ils ne savent pas remplir un simple papier », « ils ne savent pas s’habiller, ils ne savent pas être propre », en somme pour Frédéric Hermel « Ils ne sont pas socialisés pour aller au travail ».

Cette insulte envers toute une partie de la jeunesse, précarisée et obligée, en plus de ses études, d’avoir des emplois sous-payés et dégradants, n’a pas manqué d’indigner et de faire réagir Rafael Cherfy, jeune travaillant chez Chronodrive, militant à la CGT et à Révolution Permanente.

Dans une vidéo publié le lendemain sur son compte twitter, Rafael démonte le discours réactionnaire du journaliste.

Repassant rapidement sur l’argumentaire de M. Hermel, Rafael revient sur la période de l’épidémie de Covid où avec « la jeunesse, on a assuré beaucoup de la seconde ligne ». Rafael sait de quoi il parle, il est employé dans l’entreprise Chronodrive où il « prépare les courses en ligne des gens. J’ai un petit ordinateur avec un scanner, je prélève des produits […] je porte des poids etc. Un taff de merde rémunérée au plus bas ». Et c’est réellement ça les boulots qu’on offre à la jeunesse. Des « taffs de merde où l’on n’a pas envie d’aller ». Rafael explique ainsi que la grande majorité de ses collègues sont des étudiants qui sont payés à temps partiel et dont le turn over est important.

Il revient aussi sur le 1er confinement pendant lequel il a travaillé et où l’activité et donc les profits de Chronodrive ont explosé, au détriment des salariés « plus 40% d’augmentation de cadence, c’est pas y’a eu des embauche ou quoi. Y’a eu une prime Covid de merde au rabais et puis c’est tout ». Rafael concluant cette vidéo en expliquant que ce n’est pas la jeunesse et les travailleurs qui sont « inemployables » mais les conditions de travail qui sont exécrables, et que les seules perspectives satisfaisantes se trouvent dans la grève et l’organisation des travailleurs et de la jeunesse.

Dans la bouche de Frédéric Hermel… le discours du patronat

Plusieurs études ont été réalisées ces dernières années par l’Observatoire de la vie étudiante et l’INSEE qui révèlent que « 46% des étudiants travaillent pendant leurs études ». 19,2% d’entre eux considèrent même qu’ils « exercent une activité « concurrente » ou « très concurrente des études » et 17,7% que leur job a « un impact négatif » sur leurs résultats.

Pour ce qui est des accusations totalement infondées de malpropreté, d’illettrisme et de fénéantise, outre des insultes couplées à un mépris envers la jeunesse et les travailleurs, ces arguments ne s’avèrent pas être l’apanage du seul Frédéric Hermel.

En effet, ce dernier reprend le discours classique du patronat et du gouvernement sur l’assistanat prétendu des classes travailleuses, la prétendue trop grande générosité du système de chômage qui serait un frein à la recherche d’un emploi. Discours permettant de justifier la casse de l’assurance chômage et la précarisation toujours plus grande d’une partie des travailleurs.

Quoi qu’il en soit, face à ce mépris des classes dirigeante et des journalistes qui s’en font les porte-parole zélés, la seule riposte doit se faire dans la rue et par les grèves. Comme le dit dans sa vidéo Rafael :

« Des mecs comme ça qui nous insultent à la télé il faut leur montrer, par la grève par la mobilisation que non les travailleurs ne sont pas inemployables, le problème c’est le travail en lui-même qui est merdique ».




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Chronodrive   /    mépris de classe   /    souffrance au travail   /    Grève   /    CGT   /    Jeunesse