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Politique

Aucune confiance !

Hôpital Bicêtre. Derrière la com’ de l’Elysée, Macron bousculé par les soignants

Sur une vidéo de l’Élysée publiée sur Twitter, Macron semble être applaudi lors de sa visite à l’hôpital Kremlin-Bicêtre. En réalité, ce n’est pas Macron que les soignants applaudissent, mais son interpellation par une soignante dénonçant les conditions de travail à l’hôpital. Un coup de com qui cache le discrédit montant du gouvernement pendant la crise sanitaire.

vendredi 10 avril

Crédit-photo : AFP

Ce jeudi matin, l’Élysée a tweeté une vidéo montrant les soignants applaudir lors de la visite surprise de Macron à l’hôpital Kremlin-Bicêtre. Un beau coup de communication pour le président, qui est bien à son avantage sur la vidéo. Mais la réalité qui se cache derrière ces images est tout autre : bien loin d’applaudir le président, celui-ci a même été interpellé par un des soignants juste avant la séquence diffusée.

Sur cette vidéo, c’est bien l’intervention de la soignante qui est applaudie, et non Emmanuel Macron. Isabelle Bernard, infirmière et secrétaire de la section CGT du CHU de Bicêtre, raconte ainsi au Parisien : « Ce n’est surtout pas Macron que nous avons applaudi à son invitation. Cette collègue a pris la parole de manière viscérale pour parler des conditions de travail des soignants et des problèmes que nous rencontrons. Elle a dit au président que ça faisait longtemps qu’on l’interpellait, que nous étions en grève depuis des mois et qu’il n’avait jamais répondu présent. Qu’il était dommage qu’il faille des milliers de morts pour qu’il se préoccupe de la santé », faisant référence à la mobilisation qui, avant l’épidémie, touchait les hôpitaux depuis plus d’un an, revendiquant l’augmentation des moyens pour les hôpitaux.

Comme la syndiquée le raconte par la suite, les conditions de travail des soignants se sont en effet considérablement dégradées depuis une vingtaine d’années : « Nos conditions de travail sont horribles et ça ne date pas de l’épidémie. Au départ nous n’avions même pas de masques, aujourd’hui nous n’avons plus de surblouse. À chaque fois que l’on a ouvert des unités Covid, nous avons été obligés de réinventer la façon de faire, comment se protéger, comment prendre en charge, rien n’a été coordonné. Nous sommes des travailleurs pauvres, et de plus en plus depuis que Macron est là ! » Comme elle le rappelle, la détérioration des conditions de travail s’est aggravée depuis le début du quinquennat Macron : suppression de 4172 lits, augmentation de l’esprit de rentabilité, diminution du nombre de personnels… tout est prétexte à faire des coupes budgétaires.

La crise sanitaire que nous traversons aujourd’hui démontre une fois de plus les conséquences des politiques néolibérales que mènent les gouvernements successifs depuis des années. Comme le montre le chiffre des 144 soignants malades rien qu’à l’hôpital Bicêtre, ce sont une fois de plus les travailleurs qui se retrouvent en première ligne face au coronavirus et qui sont envoyés au front sans aucune protection.

Ce ras-le-bol des politiques d’austérité ainsi que ce sentiment que le gouvernement ne fait rien, voire aggrave la crise en envoyant les travailleurs trimer pour des produits non essentiels pendant que les soignants se retrouvent démunis face à la gestion de la crise, se retrouve également dans la population. Ainsi, l’interpellation de Macron pendant sa visite de jeudi s’inscrit dans une crise de confiance envers le gouvernement : selon un sondage Harris Interactive publié ce mardi, seul un Français sur deux fait confiance au gouvernement pour prendre des mesures efficaces afin de mettre fin à l’épidémie. Comme l’ont bien exprimé les soignants de l’hôpital Bicêtre mais également les habitants de Pantin, nous ne pouvons en aucun cas faire confiance à ce gouvernement pour gérer la crise !




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