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Crise sanitaire

Hôpitaux saturés, rentrée chaotique : Macron nous mène dans le mur, prenons les choses en main !

La rentrée de ce lundi a été marquée par des difficultés dans les écoles qui pourraient venir alimenter la saturation croissante des hôpitaux. Et pour cause, Macron parie sur nos vies pour maintenir l'économie à tout prix.

lundi 3 janvier

Crédits photo : Élèves et enseignants du lycée Delacroix devant l’hôpital Avicenne en mars 2021 - CCC / Mediapart

Une rentrée sous tension à l’école et dans les hôpitaux

Ce lundi 3 janvier, le déroulement de la rentrée était à l’image de la politique sanitaire erratique du gouvernement : marquée par l’incertitude, l’impréparation et totalement en décalage avec la situation sanitaire. La veille, Jean-Michel Blanquer annonçait en effet par voie de presse un protocole sanitaire totalement minimal. Sans moyens pour limiter les contaminations, l’école aura finalement joué son rôle de garderie du Medef ce lundi, tout en étant profondément affectée par la reprise épidémique en cours avec des absences massives du côté des élèves comme des profs.

Une reprise épidémique que cette rentrée sans mesures sanitaires à la hauteur risque fort d’attiser en retour. Car en dépit de l’opitmisme affiché par Olivier Véran affirmant sur France Inter « il est probable que nous ayons tous acquis une forme d’immunité », l’épidémie de Covid connaît une cinquième vague d’une ampleur importante, avec un record de plus de 232.000 contaminations en 24h le 31 décembre dernier et une combinaison de deux variants qui menace les hôpitaux, déjà sous haute tension.

Face aux manques de moyens et de personnels, les plans blancs se multiplient en effet ces dernières semaines afin de déprogrammer les opérations « non urgentes », notamment en Provence-Alpes-Côtes-d’Azur et en Île-de-France. Des décisions loin d’être anodines comme le dénonce auprès de Libération Francis Berenbaum, chef du service de rhumatologie à l’hôpital parisien Saint-Antoine : « La déprogrammation, c’est une catastrophe parce que ça fait des morts silencieux »

Dans le même temps, certains hôpitaux sont déjà contraints de trier des patients. Jean-Marie Forel, responsable de la réanimation de l’hôpital Nord de Marseille, raconte ainsi la situation dans son service au journal Le Monde : « La sélection, on l’opère depuis plusieurs jours en fonction du nombre de places. Les plus âgés, les plus comorbides ne rentrent pas. On leur donne des chances avec de l’oxygène à haut débit, mais on préfère garder les lits pour des personnes à meilleur pronostic ».

Or cette situation scandaleuse, causée par la politique criminelle de destruction de l’hôpital public et le manque de personnels, risque de s’aggraver encore du fait de la stratégie assumée par le gouvernement. Les réanimations en effet, déjà en partie saturées par le variant Delta, vont devoir faire face aux conséquences du variant Omicron, extrêmement contagieux et dont les conséquences sur les hôpitaux pourraient être violentes en dépit de la moindre virulence du virus. Ainsi selon les scénarios de l’institut Pasteur publiés le 29 décembre, parmi les différentes hypothèses, une vague d’hospitalisations supérieure à celles de 2020 est à l’étude, avec un risque avéré de dépassement des capacités hospitalières actuelles.

Maintenir l’activité économique quoi qu’il en coûte : Macron parie sur nos vies

Cette situation est pourtant assumée par le gouvernement, dans le cadre de sa politique du maintien de l’économie coûte que coûte. Malgré l’ampleur actuelle de l’épidémie, celui-ci n’a pas hésité à alléger les mesures existantes. Ce dimanche, celui-ci a en effet annoncé un assouplissement des règles sanitaires, avec l’arrêt de l’isolement des cas contact vaccinés et la réduction de la durée de l’isolement pour les cas contact non-vaccinés ou les personnes contaminées. Une logique qui va dans le même sens que celle qui prévaut à l’école, où le protocole Blanquer vise à maintenir ouverte la garderie du MEDEF coûte que coûte. Dans le même temps, le gouvernement annonçait la semaine dernière quelques restrictions limitées - l’instauration de journées de télétravail obligatoires et la mise en place de jauges pour les rassemblements - voire ridicules, comme l’interdiction de manger debout ou de se restaurer dans les transports.

Le logiciel de Macron est clair : préserver l’activité économique coûte que coûte en limitant à tout prix les restrictions sanitaires et en espérant que la vague Omicron soit la moins violente possible. Un énième pari sur nos vies qui va à l’encontre des recommandations d’une grande partie des spécialistes, et qui fait peser le poids de la crise sur les personnels de santé et les personnes fragiles, pour éviter qu’elle ne pèse sur les profits du patronat.

Dans le même temps, le gouvernement se dédouane de sa politique criminelle en culpabilisant les non-vaccinés. De ce point de vue, le début de l’année 2022 est marqué par une accélération des attaques contre ces derniers. Le passe vaccinal, discuté ce lundi à l’Assemblée nationale, constitue en ce sens une nouvelle offensive autoritaire, aggravant les restrictions pesant sur les non-vaccinés qui seront privés d’accès aux lieux de loisir, aux restaurants, aux bars mais aussi aux transports et aux centres commerciaux ! Le projet de loi prévoit par ailleurs une sanction de pouvant aller jusqu’à cinq an d’emprisonnement et 75 000€ d’amendes pour la détention d’un faux passe vaccinal.

Une stigmatisation qui mène à la surenchère contre les non-vaccinés, certains professionnels de santé comme le Professeur Grimaldi n’hésitant pas à poser la question de priver les non-vaccinés d’accès aux services de réanimation. Dans le même sens, Michel Badet, chef du service de réanimation du centre hospitalier de Chambéry (Savoie) interviewé par le journal Le Monde expliquait ce lundi : « Cela pose des questions éthiques : est-ce normal de déprogrammer des malades pour s’occuper de ceux qui ont choisi de ne pas se faire vacciner ? ».

Face à la politique sanitaire criminelle du gouvernement, responsable de la situation, il faut réagir. D’abord en imposant des protocoles sanitaires à la hauteur dans les écoles, les transports et les lieux de travail, entre les mains des travailleuses, travailleurs et usagers. Ensuite, en refusant la stigmatisation des non-vaccinés et les mesures autoritaires à leur égard tout en promouvant activement la vaccination partout où c’est possible, et en exigeant la levée des brevets. Enfin, en arrachant des mesures d’urgence et des moyens pour faire face à la vague épidémique : retour à la gratuité des tests, masques FFP2 pour l’ensemble des travailleurs exposés, … Un programme d’urgence qui ne peut être imposer que par nos luttes et l’auto-organisation des travailleurs et travailleuses. En ce sens, ce lundi, des travailleurs de l’éducation, parents d’élèves et lycées étaient mobilisés en Île-de-France pour exiger par la grève des mesures et des moyens à la hauteur de la crise afin de permettre une reprise dans des conditions sanitaires conséquentes. Ils montrent la voie à suivre pour refuser que nos vies passent après leurs profits.




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