^

Politique

Hôtel-Dieu : des militaires interviennent sur une occupation de sans-abris

Ce samedi, une centaine de sans-abri ont occupé l'Hôtel-Dieu pour réclamer des logements dignes. Des militaires présents dans le cadre de l'opération Sentinelle n'ont pas hésité à intervenir. Une irruption de l'armée dans le maintien de l'ordre scandaleuse.

mardi 16 février

Crédits photo : Solidarité migrants Wilson

Alors que depuis bientôt une semaine, une vague de froid frappe le pays, une centaine de sans-abris et de sans-papiers ont décidé d’occuper l’Hôtel-Dieu ce samedi 13 Février dans le quatrième arrondissement de Paris. Cette action, appuyée par le collectif "Réquisitions", avait pour objectif de réclamer à la ville de Paris un logement pour ces personnes sans domicile. Mais ce dimanche, des militaires sont venus tenter de déloger ces personnes et mettre à mal cette action de mise à l’abri de ceux qui sont dans le besoin. Après avoir crié « Sortez ! », ces derniers ont arraché le micro de l’homme qui prenait la parole, avant de repartir. Cette intervention militaire n’est pas sans rappeler les migrants violemment expulsés de place de la République en Novembre dernier. L’occupation de la place de la République avait aussi pour but de porter des revendications comme la régularisation des sans-papiers, et un toit pour les sans-abris. Selon Le Monde, la centaine de sans-abri ont été placés en centres d’hébergement d’urgence ou en hôtel.

Alors que la pauvreté et le nombre de sans-domiciles explosent, le gouvernement ne propose que la répression. Le délégué de la Fondation Abbé Pierre avait notamment affirmé en fin d’année dernière que le nombre de sans-abri avait doublé depuis 2012, atteignant désormais le chiffre de 300 000 individus. Alors que les expulsions armées sont de bon ton, aucune solution ou alternative concrète à long-terme n’est proposée. La réquisition de bâtiments vides est une des mesures principales réclamées par les soutiens aux sans-abris, car l’occupation de bâtiments tels que l’Hôtel-Dieu n’est qu’une solution temporaire et précaire. Face à cette situation insoutenable pour plusieurs milliers de personnes, et qui ne risque d’aller qu’en s’aggravant avec la crise sanitaire et économique, il faut exiger des logements dignes pour toutes et tous.




Mots-clés

Armée française   /    expulsion   /    Logement   /    Politique