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Notre classe

En solidarité avec Grandpuits

"Hutchinson et Total utilisent les millions d’aides de l’État pour démanteler nos usines"

Les salariés du groupe Hutchinson, filiale de Total, sont menacés depuis le mois de juin par près d’un millier de suppressions de postes. Ils ont affirmé leur soutien aux salariés de la raffinerie du Grandpuits lors du rassemblement du 6 octobre devant le siège de Total.

jeudi 8 octobre

Crédit photo : JB Dos Ramos pour La République du centre

Le groupe Hutchinson, filière de Total et spécialiste dans la transformation des produits du caoutchouc, confirmait le 1er septembre la suppression de 382 emplois. Ces suppressions de postes sont prévues par l’entreprise depuis le mois de juin et devraient toucher au final près d’un millier de travailleurs en France sur un total de 8000. Selon les organisations syndicales, ces mesures pourraient concerner 3000 salariés et 6000 intérimaires dans le monde.

L’entreprise assurait en juin « qu’il n’y aurait aucun licenciement ». Cependant, cela ne veut pas dire que c’est une bonne nouvelle pour les travailleurs et travailleuses. En effet, la direction choisit donc de les contraindre à des « départs volontaires », qui sont généralement précédés et encouragés par des techniques de harcèlement et d’une pression accrue de la part de la hiérarchie.

Dans le cadre d’un « Plan de Départ Volontaire » (PDV), l’employeur propose au salarié une « période de volontariat » pendant laquelle celui-ci peut quitter l’entreprise. Rappelons toutefois que ce dispositif n’est pas réglementé par le Code du travail. Ainsi, l’employeur peut donc s’engager à ne pas licencier et intégrer ce dispositif dans le cadre d’un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) qui impliquera des licenciements à la fin de la période volontaire de l’employé.

Les salariés de la raffinerie Total de Grandpuits sont eux aussi menacés par des suppressions d’emploi massifs (près de 700), au nom d’un prétendu souci écologique, et un virage vers des énergies « vertes ». En réalité, l’entreprise va « démanteler les unités de raffinage et les capacités de raffinages dans des pays où les normes sociales et environnementales sont moindres par rapport à la Franc ».

C’est pourquoi les employés de Grandpuits luttent depuis des mois et se sont notamment réunis ce mardi 6 octobre devant le siège de Total à la Défense accompagnés de nombreux soutiens parmi lesquels les travailleurs de Hutchinson. Didier Godde, représentant de la CGT chez Hutchinson a pris la parole lors du rassemblement et a rappelé que « le gouvernement prône la solidarité nationale », mais que des milliards d’euros de bénéfices se retrouvent dans les poches du grand patronat sur le dos des travailleurs et travailleuses en période de crise sanitaire et économique mondiale : « il y a des milliards d’euros pour soutenir l’industrie française, le groupe Hutchinson fait 4 milliards de chiffre d’affaire, on ne va plus parler des milliards de bénéfices du groupe Total. Ils profitent de la pandémie pour supprimer des milliers d’emplois dans le monde et en France. »

En effet, comme le soulignait Didier Godde au mois de septembre, « Hucthinson n’est pas une entreprise en difficulté […] Il s’agit d’un effet d’aubaine à la suite du confinement, c’est l’occasion pour eux de restructurer, quitte à reprendre des intérimaires après ».

Même pendant le confinement, [l’industrie Total a refusé de solliciter les aides financières proposés par l’État aux entreprises, et d’utiliser le chômage partiel pour un soi-disant « esprit de solidarité ». C’était en réalité pour continuer de verser librement les dividendes à ses actionnaires. Cependant, comme le rappelle le salarié de l’industrie spécialiste du caoutchouc, « le groupe Hutchinson et Total utilisent les millions d’aides de l’État acquises depuis des dizaines d’années […] pour démanteler nos usines ».

Il rappelle également l’impact que pourrait avoir la suppression de 1000 postes en France, en plus de la précarité des travailleurs, « cela impacterait nos sous-traitants, la population, les commerces, nos écoles, la vie économique et sociale de nos régions » ; Le groupe Hutchinson propose aux employés une rupture conventionnelle collective, qui a déjà été validée par les trois syndicats majoritaires : FO, CFDT et CFE-CGC, tandis que la CGT refuse de signer.

Le travailleur a également souligné le soutien des salariés de Hutchinson avec les travailleurs de Grandpuits mais également les personnels hospitaliers et du service public et déclaré que « si nous voulons stopper tous ces milliardaires qui se gavent sur le dos des travailleurs et voulons réellement changer le monde […] alors oui le groupe Hutchinson soutient également les camarades de la raffinerie Grandpuits et tous les pans sociaux de ce pays et si le jour d’après doit être celui qui verra l’avènement d’un monde meilleur et plus juste pour tous, alors oui, les gueux du caoutchouc et les gueux de la métallurgie Hutchinson seront à vos côté ! »

En ce sens, pour faire face à la répression patronale et aux licenciements massifs, les travailleurs et travailleuses de tous les secteurs doivent se solidariser et imposer au patronat l’interdiction des licenciements et des baisses de salaires car ce n’est pas à nous de payer leur crise !




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