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Politique

Massacre du système de santé public

Hypocrisie gouvernementale. Macron ouvre une enquête sur la fermeture de 20% des lits

Le dernier rapport du conseil scientifique daté du 5 octobre qui montre que 20% des lits d’hôpitaux ont fermé en France a provoqué la colère des soignants. En réponse, le gouvernement, plutôt que d’annoncer un investissement massif dans la santé, a décidé de… recompter.

vendredi 29 octobre

Crédits photo : LUDOVIC MARIN / AFP

L’enquête menée par le conseil scientifique date du 5 octobre fait état de 20% de lits d’hôpitaux fermé faute de soignants. Si le constat n’étonne que peu, alors qu’on assiste depuis plus de 30 ans à une casse organisée des services publics et notamment de la santé, le gouvernement quant à lui conteste ces chiffres. En effet dans son compte rendu du conseil des ministre du 27 octobre, Gabriel Attal tente de relativiser ces chiffres qui seraient, selon lui, « issu d’une enquête relative à la situation de quelques hôpitaux de l’AP-HP » alors qu’il s’agit pourtant bien d’une enquête nationale… et annonce par la même occasion le lancement d’une enquête large pour affirmer ou infirmer ces chiffres.

Ainsi, pour répondre aux chiffres inquiétants annoncé par le conseil scientifique, le gouvernement ne propose rien d’autre qu’une contre-enquête qui viserait à redorer son blason.

Mais cette deuxième enquête, d’une hypocrisie absolue, va difficilement cacher la situation de délabrement des services de santé, et le fait que les responsables de cette situation ce sont les gouvernements successifs, et particulièrement celui auquel appartient Gabriel Attal. En effet, sous le gouvernement Macron en 2020, et donc en plein cœur d’une pandémie mondiale, 5 800 lits ont été fermés d’après la DREES. Si Attal et le gouvernement cherchent à se déresponsabiliser de la situation en expliquant que ces fermetures de lits sont liées à un manque de personnel - absentéisme et vague de démission dans la santé - la réalité c’est que ce manque n’est que la conséquence du mépris du gouvernement et la situation chaotique dans laquelle sont les travailleurs de la santé.

C’est sur le même ton hypocrite qu’Attal justifie cette situation de crise par les choix des anciens gouvernements : "Il y a des décennies pendant lesquelles le problème s’est aggravé et on ne peut pas résoudre en quatre ans tout ce qui s’est fait ces trente dernières années", a-t-il avancé pour justifier ces chiffres.

Alors que l’ensemble des soignants revendiquent une hausse salariale de 300 euros net, ils n’ont bénéficié que d’une hausse dite « socle » de 183 euros. Une mesure qui ne concerne que les titulaires quand les contractuels comme les ambulanciers, les ASH et la maintenance n’ont pas accès aux primes de service, un signe de mépris supplémentaire de la part d’un gouvernement qui ne propose rien aux personnels essentiels, de première ligne et les plus précaires.

L’enquête lancée par le gouvernement n’est qu’un énième geste de mépris qui laisse supposer que la situation des hôpitaux ne serait pas si critique que cela et qu’il faudrait vérifier « sur le terrain ». Les vagues de colère à l’hôpital ces dernières années se succèdent pourtant à mesure que les conditions de travail se dégradent et reprennent de la force depuis un mois. En lien avec cette vague de contestations, nous devons mettre en place un plan de bataille exigeant une hausse de salaire de minimum 300 euros pour toutes les travailleuses et les travailleurs, ainsi que des investissements massifs dans les services de la santé financés par des impôts sur les grandes fortunes.




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