^

Société

Médias caniveaux

« I Shot the Sheriff », diffusion de faux témoignage : les médias en continu toujours plus loin dans la scénarisation

Autour de l’affaire Chekatt, les médias d’information en continu ont encore franchi un cap dans la compétition indécente des médias caniveaux, suscitant une légitime indignation sur les réseaux sociaux.

vendredi 14 décembre 2018

« I Shot the Sheriff » diffusée sur les images du cadavre encore chaud du responsable de l’attentat de Strasbourg : la séquence a provoqué l’indignation sur les réseaux sociaux. Outre le jeu de mot douteux opéré avec la célèbre chanson de Bob Marley, c’est la mise en scène autour de la traque du suspect et la course au sensationnalisme qui est mise en cause. Le même jour, CNews et LCI avait diffusé un témoignage d’un « proche » de Cheriff Chekatt, qui s’est finalement avéré être un canular, sans même prendre la peine de vérifier les liens unissant le plaisantin et le terroriste.

La direction de BFM-TV a certes publié un communiqué pour s’excuser après la diffusion de « I Shot the Sheriff » mais le prétexte de « l’erreur de manipulation » semble peu crédible. Surtout, ce n’est pas la première fois que ces médias sont pris la main dans le sac : le sensationnalisme à outrance semble même y être devenu une règle. Un vide médiatique qui prend une note encore plus indécente quand il s’agit d’un attentat sordide qui ont coûté la vie à plusieurs personnes. Et qui sert de plus de support à relayer la propagande médiatique du gouvernement, notamment sur la tentative d’instrumentalisation des morts de Strasbourg pour freiner le mouvement des Gilets Jaunes.

En effet, la spectacularisation de l’affaire donne un terreau fertile pour créer un climat de terreur autour de l’attentat de Strasbourg. Et de justifier les discours, largement relayés dans les médias, de la nécessité de l’état d’exception. Et de la supposée « irresponsabilité » des Gilets Jaunes qui voudraient continuer le mouvement. Autour de l’affaire Chekatt, ce qui se joue, c’est bien l’utilisation de ces médias caniveaux au service du pouvoir.

Les Gilets Jaunes, eux, l’ont bien compris. Eux qui voient depuis le début du mouvement ces médias relayer tenter de décrédibiliser le mouvement, par exemple en insistant sur la « violence » du mouvement tout en instaurant un quasi black-out médiatique sur les violences policières qui ont déjà couté la vie à au moins deux personnes. C’est parce qu’ils ne croient plus à la propagande de ces médias qu’ils sont d’ailleurs nombreux à souhaiter poursuivre le mouvement ce samedi, pour l’acte V, malgré les coups de pression du gouvernement relayés par les médias dominants.




Mots-clés

Gilets jaunes   /    Société