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Violences policières

Ignoble : des policiers portent plainte contre une femme qui a perdu son bébé suite à leur interpellation

En décembre dernier, la jeune femme enceinte de 4 mois perd son enfant après avoir été plaquée contre un mur et secoué à plusieurs reprise par une policière. Comble de l'horreur, c'est pourtant elle qui se retrouvait cette semaine sur les bancs du tribunal accusés par les policiers d' "outrage et rébellion".

vendredi 1er octobre

Crédits photo : Valery Hache / AFP

Le 10 décembre dernier, Deborah et sa cousine subissaient une violente interpellation à Garges-Lès-Gonnesse. A l’origine de celle-ci ? La demande de mettre un masque qu’elles ne portaient pas. Si elles obtempèrent immédiatement et le mettent, les policiers ne s’arrêtent pas là et Deborah est repoussée violemment contre le mur malgré une grossesse qu’elle a signifiée à plusieurs reprises. Sa cousine est, elle, violemment plaquée au sol.

Cette scène terrible s’est suivie d’une garde à vue, de plus d’une semaine d’ITT pour Déborah et de la perte de l’enfant qu’elle portait alors. Son avocat, Maître Vincent Brenghart revient sur la situation en ces termes : « Il y a plus qu’une suspicion, il y a une présomption de causalité qui est manifeste », déclare-t-il dans le témoigne pour Médiapart. Déborah a porté plainte pour « violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité ayant entraîné des mutilations permanentes ».

Mais si elle comparaissait devant le tribunal ce 31 septembre ce n’est pas pour espérer rendre justice à sa fille morte-née, mais sur les bancs des accusés... En effet, comble de l’ignoble, elle est jugée pour “outrage et rébellion”. Une manière pour les policiers de se placer du côté des victimes tout en se lavant des violences commises. Ainsi à la peine déjà lourde pour Déborah d’un enfant perdu s’ajoutent les trois mois de prison requis contre elle par le procureur et les 500 à 1000 euros de dommages et intérêts qu’exigent les policiers.

Cette histoire terrible montre une fois de plus que la justice fonctionne à deux vitesses. Les victimes de violences policières sont transformées en coupables et risquent des dommages intérêts quand l’IGPN tarde à rendre son verdict qui tend dans la grande majorité -si ce n’est la totalité - des cas à blanchir les policiers coupables pourtant de nombreuses violences.




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