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« Il faut accepter qu’il y ait une partie de restructurations » chez Renault selon la Secrétaire d’Etat à l’économie

La secrétaire d'Etat à l'Economie Agnès Pannier-Runacher a estimé mercredi 2 Juin que des restructurations devaient être acceptées chez Renault. Une façon euphémisée d’assumer que les aides ne sauraient être garanties à des conditions strictes, et iront de pair avec des attaques sur l’emploi.

mercredi 3 juin

Credit : Guittet Pascal

Alors que nous avons appris hier qu’un accord entre le gouvernement et la direction de Renault avait été trouvé pour une garantie de prêt à hauteur de 5 milliards d’euros, c’est sans scrupules que la secrétaire d’Etat à l’Economie, Agnès Pannier-Runacher, a affirmé ce mercredi 3 Juin au Micro de France Inter : « Nous accompagnons Renault dans une des plus graves crises de son histoire, et pour ce faire, il faut accepter qu’il y ait une partie de restructurations ».

Si l’accord était présenté par le gouvernement à la condition de la non-suppression d’emploi sur le site de Maubeuge, la Secrétaire d’Etat semble donc considérer qu’on ne saurait interdire à Renault toute restructuration, dont on sait qu’elles sont généralement synonymes de licenciements. Une déclaration qu’Agnes Pannier-Runacher n’a pas hésité à justifier de la manière suivante : « J’ai été trop marquée dans ma jeunesse par les suppressions d’emplois dans la sidérurgie, le textile, où on commençait par dire “il ne va rien se passer” et finalement on regardait partir des pans entiers de l’économie ».

Derrière les beaux discours poussant à faire croire à l’intransigeance du gouvernement face aux suppressions de postes, se lançait pourtant en parallèle une énorme attaque sociale au sein de l’entreprise automobile. Renault a déjà annoncé, le 29 mai en présentant son « plan de compétitivité » la suppression de 15 000 emplois dans le monde, dont 4600 en France. Ainsi les propos de la secrétaire d’Etat à l’Economie viennent une nouvelle confirmer ce que l’on savait déjà. Les 8 milliards d’aides au secteur automobile et cette garantie de prêt de 5 milliards d’euros, sont de nouveaux cadeaux fait à la direction de l’entreprise.

Faire payer le poids de la crise aux travailleurs

Les affirmations d’Agnès Pannier-Runacher ne révèlent en réalité rien de nouveau mais ils affirment tout haut la volonté du gouvernement face à la crise, celle d’aider les grandes entreprises en acceptant que les salariés paient l’addition. Depuis le déconfinement que ce soit dans l’automobile, l’aviation, le tourisme ou ailleurs, les annonces de licenciements ou de plans de restructurations se sont multipliées. NafNaf s’est placé en redressement judiciaire, Derichebourg et Daher ont annoncé plus de 3000 licenciements, Engie menace de supprimer 9000 emplois, Airbus laisse 30% de ses salariés au chômage partiel et pourrait annoncer des licenciements massifs.

Les propos de la secrétaire d’Etat à l’économie, rappelle l’ampleur de la crise à venir et la nécessite de combattre le gouvernement et le patronat pour éviter que les salariés n’en paient le prix. C’est chaque emploi et chaque usine qu’il s’agira de défendre en ce sens, car il ne peut être accepté que les milliards en cadeaux au patronat soient suivis d’un chômage de masse pour les travailleurs. La lutte pour la Fonderie de Bretagne, la manifestation massive à Maubeuge ou encore la grève sur le site de Choisy-le-Roi sont autant de luttes qui permettent de s’opposer aux restructurations et aux suppressions de postes. Des mobilisations qu’il faudra reproduire et élargir, car la lutte contre les licenciements doit être menée par l’ensemble du mouvement ouvrier, par-delà les frontières sectorielles, et autour d’un programme de lutte en faveur de l’interdiction des licenciements ou encore de la répartition du temps de travail.




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