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Crise sanitaire

« Il faut soutenir la grève » : les parents d’élèves appellent à rejoindre les personnels de l’Éduc en lutte

Ce mardi, les parents d’élèves de la FCPE ont appelé à rejoindre le mouvement national qui aura lieu ce jeudi dans l’éducation et est déjà annoncé comme une grève largement suivie. Une première, qui démontre le ras-le-bol généralisé face à la politique du gouvernement.

mercredi 12 janvier

© Alain Pitton/NurPhoto/AFP

Devant l’évidence du caractère catastrophique de la gestion de la crise sanitaire et particulièrement dans l’éducation, profs, AED, mais aussi élèves et parents d’élèves, autant de secteurs du milieu éducatif qui se mobilisent peu ensemble en temps normal, rompent peu à peu la barrière en cette rentrée. Et l’appel de la FCPE (association historique de parents d’élèves) est symbolique en ce sens.

Sur son communiqué, la FCPE appelle les parents à ne pas envoyer leurs enfants à l’école en cette journée de mobilisation nationale.

Elle dénonce les restrictions budgétaires, donnant lieu à un « manque de moyens en masques, capteurs CO2, purificateurs d’air, et en savons » et exige aussi une « campagne de dépistage massif ». Elle reproche également la difficulté de gestion de ces protocoles par les familles. Enfin, elle déclare que « la mise en sécurité sanitaire et la protection des élèves et de tous les personnels éducatifs ne peuvent aujourd’hui se passer de moyens matériels et humains supplémentaires. Il est temps que l’école redevienne un lieu protégé et non la variable d’ajustement d’une politique sanitaire en crise. »

Une position retrouvée largement chez les parents d’élèves. Sandrine*, parent d’élève de seconde dans un lycée à Saint-Jean-de-Luz, défend aussi la grève : « Je suis totalement pour. C’est du grand n’importe quoi, les profs manquent de beaucoup de choses, tout le matériel qui avait été promis n’a pas été donné, tous les masques qui avaient été promis n’ont pas été donnés… C’est ingérables pour les instits et les profs. »

Marie-Laure, mère de deux enfants scolarisés en école maternelle et en école primaire, témoigne aussi : « C’est très bien. Changer trois fois de protocole en 3 semaines c’est plus possible. En plus il y a pas assez d’autotests, pas assez d’enseignants pour remplacer les covidés, et pas assez d’infirmières dispos pour réaliser les tests. Mais c’est une bonne initiative cette mobilisation et c’est bien je trouve qu’il y ait aussi les parents d’élèves et les élèves en soutien. Il faut la soutenir cette grève ! »

Sur Twitter, plusieurs internautes parents d’élève ont également déclaré soutenir la mobilisation.

Effectivement, les cours ont repris depuis le 3 janvier, en pleine cinquième vague. Blanquer avait annoncé le protocole sanitaire à appliquer dans le milieu éducatif le dimanche au soir pour le lendemain, via un article payant sur Le Parisien. Une aberration totale, d’autant plus quand on sait que les internats réouvrent la veille de la rentrée.

Le protocole en question prévoit l’usage de capteurs de CO2, une mascarade lorsqu’on sait que seulement 20% des établissements en disposent et souvent en un seul exemplaire (pour des dizaines et des dizaines de salles occupées), mais aussi l’isolement d’un élève cas contact non vacciné et… le non isolement d’un élève cas contact mais vacciné, ainsi que le refus de distribuer des masques FFP2 aux enseignants, prétextant qu’il est « très difficile de faire cours » avec.

De fait, la situation est rapidement devenue hors de contrôle. Le premier jour, certains établissements rencontraient près d’1/5 des élèves contaminés ou cas contact. Quatre jours après, 47 453 élèves étaient déclarés positifs, et 5 631 personnels d’après le Ministère. Les jours suivants, les chiffres n’ont fait qu’augmenter, allant jusqu’à atteindre 9 200 classes fermées depuis la rentrée.

Ainsi, dans le sens de l’initiative de la FCPE, il est aujourd’hui nécessaire de s’unir, parents d’élèves, élèves, profs, AED et personnel éducatif en général, contre la gestion catastrophique de la crise sanitaire dans les milieux éducatifs et pour revendiquer des moyens massifs dans l’éducation. Mobilisons-nous tous ensemble partout en France, ce jeudi 13 janvier et après !




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