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Congrés CGT Santé et Action sociale

"Il faut un vrai plan d’action !" : Marie-Laure Charchar interpelle la direction de la CGT santé

A l'occasion du Congrès national de la CGT Santé et Action Sociale, Marie-Laure Charchar, militante de Révolution Permanente et secrétaire générale de la CGT Blanchisserie du CHU de Haut-Lévêque à Bordeaux, est revenue sur l’échec des stratégies corporatistes pratiquées par les directions syndicales du secteur.

mercredi 30 mars

Cette semaine a lieu le 13e Congrès national de la CGT Santé et Action Sociale, à Saint-Malo, en Bretagne. Une occasion de faire le point sur la période et de discuter des perspectives pour les luttes à venir. Au sein d’un hôpital public déjà mis à mal par la casse des services publics opérée par les gouvernements successifs depuis des dizaines d’années, la pandémie a mis à rude épreuve les travailleurs•ses de la santé. Pénurie de masque, sac poubelle en guise de combinaison, sous-effectif, burn-out et démissions, la faillite de l’hôpital public a éclaté aux yeux de tous ces deux dernières années. En première ligne, les soignants mais aussi le personnel technique qui fait tourner les hôpitaux au quotidien - buandiers, cuisiniers, logisticien, ASH etc.- ont tenu dans des conditions de travail souvent déplorables.

C’est ce que Marie-Laure Charchar, secrétaire général CGT, militante à Révolution Permanente et buandière au CHU Haut Lévêque, près de Bordeaux, a tenu à rappeler dans une de ses interventions au Congrès : « Je voulais intervenir sur la catégorie C « technique et ouvrière ». [...] Quand le gouvernement n’évoque que la catégorie des soignants pour parler de l’hôpital, je suis frustrée, mais la réalité c’est que quand j’ai intégré le syndicat je me suis rendu compte qu’aussi à ce niveau-là, on ne parlait que de la catégorie des soignants. Aujourd’hui, cela me tient à cœur de parler de cette catégorie invisible parce que si on n’est pas là, l’hôpital il ne tourne pas. Que ce soit pour la blanchisserie, les jardiniers, les serruriers, tout ce qui est ateliers, etc., nous nous dirigeons vers l’externalisation de tous ces métiers. [...] Le document d’orientation produit par le syndicat défend la mise l’arrêt de l’externalisation des fonctions support. On n’est pas des fonctions support. On est un métier intégré dans l’hôpital. Il faut qu’on se batte contre l’arrêt des externalisations mais aussi pour la réintégration de tous ces services dans l’hôpital ! »

Et Marie-Laure de surenchérir. « Pendant la crise sanitaire nous étions là. Nous étions démunis, sans masques, sans protection, et nous attendions des outils syndicaux des réponses à nos questions. Et c’est vrai que la fédération, je suis désolée, mais pour nous, elle a été absente. Nos collègues suspendus par exemple, le sont toujours aujourd’hui, et qu’ils aient été syndiqués ou non on ne peut pas dire que l’aide ait été à la hauteur »

La secrétaire Générale de la CGT Blanchisserie poursuit et revient sur les stratégies de lutte proposées aux travailleurs : « Le constat qu’on a pu faire pendant ces quatre années, c’est qu’il y a eu une réelle absence de propositions fortes et pour un plan de luttes collectif et qui vise à étendre le mouvement [...] On n’en peut plus de voir des appels à la grève pour les infirmiers, pour les ambulanciers, pour les techniciens de laboratoires... Il y a trop de dates, et ce constat on le fait de plus en plus, et il nous faut une réelle date pour mobiliser tous les secteurs. »

Pourtant à la colère déjà forte initiée par la pandémie, le mépris affiché par Ségur de la santé en direction des revendications des travailleurs et travailleuses de l’hôpital et ses propositions d’augmentations salariales dérisoires ou inexistantes selon les secteurs sont venus rajouter leur grain de sel. A la base, l’envie de se mobiliser était importante raconte Marie-Laure Charchar. D’autant plus que depuis septembre dernier, et davantage encore depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, l’inflation impacte fortement le niveau de la vie des travailleurs.

« La question que nous nous posons et depuis des années, c’est pourquoi ? [...] Pourquoi on ne fait pas une unité syndicale sur tous les secteurs ? Moi je suis dans une catégorie C, à 80%, on a des petits salaires, et on peut plus se permettre de perdre 50 € tous les jours pour rien [...] Je pense qu’il va falloir se repositionner sur un réel plan d’action, sur une unité syndicale pour les luttes à venir. » ajoute-t-elle.

Et à Marie-Laure Charchar de conclure en rappelant que le corporatisme dans la politique des bureaucraties syndicales ne date pas d’hier et concerne toutes les fédérations. Une stratégie qui mène droit au mur les travailleurs en divisant leurs luttes. De quoi se poser la question : « Est-ce qu’on continue sur le dialogue social ou est-ce qu’on se prend en main en mettant en place un réel plan, et une réelle unification de toutes les luttes ? ».



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