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Dunkerque en état de siège

« Il suffisait de traverser la rue, là il faut faire un mètre » : Macron recycle son mépris à Dunkerque

En visite dans une usine à Dunkerque pour agiter des promesses de réindustrialisation, Macron a repris les punchlines méprisantes. Un discours faussement confiant protégé par des barrières anti-émeutes...

Erell Bleuen

12 mai 2023

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« Il suffisait de traverser la rue, là il faut faire un mètre » : Macron recycle son mépris à Dunkerque

La semaine s’est ouverte sur un symbole : le défilé de Macron, seul sur les Champs-Élysées, terrorisé de la contestation dans les commémorations du 8 mai. Ce vendredi, la même ambiance est de mise. Pour la visite du futur site d’une usine de batterie taïwanaise à Dunkerque, le chef de l’État s’est de nouveau barricadé derrière des barrières anti-émeutes pour empêcher le son des casseroles de l’atteindre.

De retour sur le terrain, Macron tente de clore tant bien que mal la séquence des retraites et a multiplié les promesses de réformes ces derniers jours : après les annonces sur le projet néolibéral qu’il réserve à l’Éducation Nationale, il a mis les « bouchées doubles » - selon ses termes – cette semaine sur la réindustrialisation de la France.

C’est le sens de sa venue à Dunkerque ce vendredi : en visite dans une usine d’aluminium dans la ville, le chef de l’État a confirmé l’installation de l’usine de batteries taïwanaise ProLogium et annoncé du même coup le lancement d’une co-entreprise entre Orano et l’entreprise chinoise XTC, toujours dans la production de batterie, le tout en promettant « 20 000 emplois industriels nouveaux d’ici à 2030 ».

Et parce que Macron rime avec mépris, celui-ci a cherché à vendre ses annonces à son auditoire avec la reprise une de ses sorties scandaleuses de 2018, arguant que « je disais qu’il suffisait de traverser la rue, là il faut faire un mètre ». Il en également profité pour légitimer sa réforme des retraites, qui serait désormais justifiée non pas par le déficit du régime des retraites, mais par la compétitivité : « on a fait un ensemble de réforme pour être plus compétitif. Et d’ailleurs notre réforme des retraites, qui est si impopulaire et vous l’avez compris que j’assume, va dans cet ensemble. Si on veut être compétitif, on doit travailler un peu plus ».

Mais celui qui dit « assumer » son impopularité s’est pourtant barricadé dans la ville du Nord pour éviter que la contestation vienne perturber sa visite. Pour l’occasion, un énorme dispositif policier a été déployé sur la journée : des barrières anti-émeutes ont été installées pour barricader le centre, plusieurs drones ont été autorisé par la préfecture à survoler la ville et 1500 CRS ont été appelés en renfort pour « sécuriser » la visite du président.

Malgré le dispositif répressif ahurissant, les casseroles se sont invitées à la partie. Deux rassemblements étaient appelés à l’occasion de la visite du président, à 11 heures et à 15 heures, pour interpeller le président et « continuer à exprimer notre colère et notre désaccord sur cette réforme » comme l’explique Christelle Veignie, secrétaire générale de l’union locale CGT au micro de BFMTV. Des salariés de Valdunes, en grève illimitée depuis le 5 mai contre la suppression de leurs emplois suite au départ de l’unique actionnaire de l’entreprise, le géant chinois de l’acier MA Steel, étaient également sur place pour dénoncer la fermeture de leur entreprise.

Des rassemblements de nouveau marqués par la répression : les manifestants groupés devant le siège de la communauté urbaine de Dunkerque où Macron s’est rendu en fin d’après-midi ont été forcé de reculer à coup de gaz lacrymogènes par les forces de répression. Tant de signes, qui montrent que l’image du président qui a clôturé la séquence de la bataille des retraites que Macron voudrait imposer est systématiquement rattrapée par le son des casseroles, partout où il passe. Toujours pas de retour à la normale, donc.

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Erell Bleuen

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