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Assurance Chômage

Île-de-France. Des collectifs envahissent la Direction Régionale de Pôle Emploi pour le retrait de la réforme

À l'appel de la CGT Spectacle et de plusieurs collectifs de précaires, une centaine de chômeurs, d’intermittents et de précaires ont envahi la Direction Régionale francilienne de Pôle Emploi jeudi, ce qui a fait fuir la direction alors en réunion. Ils alertent sur la condition des chômeurs et demandent le retrait de la réforme de l'assurance chômage.

vendredi 30 avril

Crédits photo : Capture d’écran live CLPRESS

Ce jeudi 29 avril, une délégation d’une centaine de travailleurs parmi lesquels des intermittents de l’Odéon occupé, de la CGT Spectacle et des collectifs de précaires et chômeurs, a envahi le siège de la Direction régionale Île-de-France de Pôle Emploi à Noisy-le-Grand. Leurs revendications principales : le retrait de la réforme de l’assurance chômage, ainsi que l’abandon des demandes de remboursements des « indus » que des chômeurs auraient « touché en trop ».

À leur arrivée dans la salle de réunion, des cadres de la Direction Générale de Pôle Emploi cherchent à prendre la fuite face au rassemblement, tandis que les personnels applaudissent les discours des militants. « Aujourd’hui, ce qu’on dénonce, c’est que des intérimaires peuvent perdre 3 à 4 mois d’indemnisation de chômage. Nous dénonçons la politique de répression de Pôle Emploi, dont le décret du 30 décembre 2018 alourdit considérablement les radiations, c’est inacceptable ! » lance un militant du collectif des précaires de l’hôtellerie, de la restauration et de l’évènementiel (CPHRE). « Aujourd’hui il n’y a pas de boulot, pourtant on traque les chômeurs qui ne chercheraient pas suffisamment de travail » lance une autre femme à l’autre bout de la pièce, en ajoutant : « Si un chômeur “ne recherche pas” d’emploi, on peut lui sucrer jusqu’à deux mois d’indemnisation ».

En montrant que les conditions de vie des chômeurs sont déjà très précaires, les collectifs dénoncent l’aggravation criminelle de ces conditions avec la contre-réforme de l’assurance chômage du gouvernement. Une réforme qui va accentuer considérablement les inégalités, rognant sur les droits des plus précaires de la population, parmi lesquels les intérimaires, les chômeurs et chômeuses, les intermittents. Les intervenants rappellent également que ce sont d’abord les femmes et les jeunes qui paieront le plus cher cette réforme et seront encore plus vulnérables en pleine crise économique. Ce que dénoncent également les manifestants, c’est l’énorme deux poids de mesures sur le plan d’aides : «  On va faire l’économie de deux milliards sur le dos des plus pauvres, pendant qu’on donne des milliards aux grandes entreprises !  ».

Applaudis par le personnel resté dans la salle, les manifestants ont aussi témoigné leur soutien aux travailleurs de Pôle Emploi souvent précaires et mis sous pression par la direction, qui ne font qu’appliquer les politiques austéritaires du gouvernement, comme le raconte le photographe et reporter Nnoman, qui était présent sur les lieux.

Ils exigeaient que la direction accueille une délégation pour entendre leurs revendications, et demander l’abandon d’un certain nombre de dossiers sur les indus concernant des personnes en situation de chômage.

Alors que la réforme devrait être effective dès juillet 2021, on voit que les initiatives se multiplient pour la dénoncer. Si la Direction Régionale de Pôle Emploi a fini par accepter un rendez-vous pour discuter avec les directions syndicales, il est clair que le gouvernement n’abandonnera pas sa réforme sans la construction d’un rapport de forces à la hauteur. Face à ces attaques, il faut donc construire un plan de bataille coordonné des travailleurs qui font face à la crise économique, pour exiger le retrait immédiat de cette réforme, mais aussi l’interdiction des licenciements et des plans de suppressions d’emplois qui se multiplient de la part du patronat pour faire payer la crise aux travailleurs, aux jeunes et aux classes populaires. Contre le chômage et la précarité, il faudra relever la tête et se battre autour d’un plan de bataille d’ensemble contre cette classe qui veut nous faire payer les pots cassés de la crise dont elle est responsable !




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