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Politique

Violences policières

« Ils m’ont massacré et sont repartis » : un jeune homme tabassé par la police dans le XIXème

Ce dimanche 24 juillet, Mediapart révélait de nouveaux faits de violences policières. Sofiane, 24 ans, récemment blessé dans un accident de la route, a été tabassé en bas de chez lui par la police.

lundi 25 juillet

Crédits photo : Mediapart

Ce dimanche 24 juillet, Mediapart relate une nouvelle occurence de violences policières, en date du 13 juillet, dans le XIXè arrondissement de Paris. La victime, indique le journal, fumait une cigarette avec des amis en bas de chez lui. Blessé après un accident de la route, il portait une minerve et un bras en écharpe mais malgré l’évidence de ses blessures, Sofiane a été roué de coups de matraque, au point d’avoir une fracture de la mâchoire, les lèvres fendues et les dents cassées.

Comme le relate Médiapart, ce soir-là, Sofiane, 24 ans, descend en bas de chez lui fumer une cigarette avec des amis. Tranquilles, assis sur un banc, ils voient passer une voiture banalisée de la BAC puis débouler cinq à dix policiers en tenue anti-émeute et armés. A la veille du 14 juillet, des jeunes ont fait exploser des pétards et on imagine que les patrouilles surveillent plus que de coutume le quartier. On sait à quel point le soupçon pèse lourd dans les quartiers populaires et, avec l’impunité qui lui est garantie et les discours politiques toujours plus racistes et réactionnaires, tout est fait pour donner encore plus de droits au bras armé de la police.

Malgré son bras en écharpe et sa minerve, les policiers se défoulent sur le groupe et brisent la mâchoire de Sofiane, qui rentre chez lui le visage en sang. Selon le journal, qui cite les propos d’un ami de Sofiane, l’auteur des coups de matraque a été identifié et il est déjà connu pour des faits de brutalité dans le quartier. Une plainte a été déposée, pour «  violences gratuites et donc délictueuses, commises de surcroît sur une personne vulnérable » comme l’indique encore Mediapart.

Comme l’explique Sofiane à Mediapart à la sortie de l’hôpital : « J’ai plusieurs cicatrices au visage et j’ai eu plusieurs fractures notamment aux côtes, aux cervicales et à l’omoplate. Mes mouvements sont encore limités. J’ai dû interrompre mon travail dans la restauration et je tente de me remettre petit à petit en passant des soirées tranquilles. » De son côté, sa mère décrit les séquelles physiques et psychologiques : « de nombreuses fractures, un poumon qui a été perforé et plusieurs cicatrices au visage. Et là, depuis ce 13 juillet, toute sa dentition risque d’être refaite parce que plusieurs dents peuvent être dévitalisées. Physiquement et psychologiquement, c’est difficilement surmontable pour un jeune de 24 ans ».

Cette affaire est une nouvelle démonstration de l’impunité de la police et des attaques racistes perpétuelles contre les jeunes des quartiers populaires. Combien de victimes, ces dernières années, suite à un banal contrôle de police ? Au mois de juin, une jeune femme de 21 ans est décédée à cause de tirs policiers dans le XVIIIè arrondissement. Pendant les confinements, on dénombre plusieurs victimes également, recensées par des médias militants. Les policiers s’attaquent à des personnes vulnérables parfois, comme pour cet homme autiste, des jeunes sont abattus par la police dans les quartiers, des manifestants mutilés.

Ces brutalités systématiques sont l’expression de la violence d’un système, qui s’appuie sur la police pour faire plier les corps ou les briser, seul moyen pour lui de se perpétuer. Des violences que l’impunité policière garantit, et dont les quartiers populaires sont une cible centrale.

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