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« Ils n’ont qu’à aller à l’Élysée » : des CRS empêchent des migrants de retourner dans leur campement

Ce mardi, cinq camions de CRS ont empêché une trentaine de jeunes migrants de se réinstaller dans leur campement après en avoir été évacués. « Ils n'ont qu'à aller à l'Élysée », leur ont-ils lancé. Entre mépris raciste et répression, le nouveau quinquennat Macron commence comme il avait terminé.

mercredi 4 mai

Crédits photo : Utopia 56

Mardi matin, un campement de migrants du nord-est parisien a été évacué par la police. Ce campement d’Utopia 56, dit Pierre Mathurin, était un campement majoritairement composé de mineurs isolés en recours, c’est-à-dire dont la minorité n’a pas été reconnue par les dispositifs racistes du département, tel que les tests osseux. Suite à cette évacuation, la préfecture d’Île de France a annoncé que « 108 personnes avaient été prises en charge » et envoyées vers divers centres d’hébergement.

Or, à 22h44 le même jour, l’association Utopia 56 via son Twitter dénonce « une parodie de mise à l’abri ». 27 mineurs isolés n’auraient ainsi pas pu être être hébergés dans le centre ; ils essayent donc de se réinstaller sur le lieu dont ils ont été expulsés, mais ils sont reçus par 5 camions de CRS voulant les en empêcher, qui suggèrent avec un mépris incroyable : « ils n’ont qu’à aller à l’Élysée ». Les bénévoles d’Utopia 56 ont accompagné les mineurs, sous surveillance de la police, jusqu’à pouvoir les installer quelque part, restant sur place pour s’assurer qu’ils seraient laissés tranquilles.

Ces événements sont loin d’être des faits isolés. En effet, le dernier quinquennat Macron a été égrainé par ce genre d’affaires, des nombreuses images d’expulsions violentes à Calais, comme les tentes lacérées ou les associations empêchées d’apporter de l’aide aux migrants qui se trouvaient sur place, suite aux ordres du ministère de l’Intérieur Darmanin, ou à République, quand à plusieurs reprises des expulsions violentes ont été filmées, comme le 23 Novembre 2020 quand des migrants ont été violemment expulsés et pourchassés dans Paris par la police qui faisait usage de tous les moyens répressifs à sa disposition, alors même que beaucoup d’entre eux devaient être hébergés car ils étaient en procédure de demande d’asile. Récemment encore, au lendemain de la réélection de Macron, Human Rights Observer publiait une vidéo montrant des policiers casqués, armées de LBD et de Boucliers en train d’expulser de forces des migrants tout en saisissant et jetant par terre leurs affaires.

Macron entame ainsi son nouveau quinquennat comme il avait terminé le précédent : par la répression. Ces images présagent un nouveau quinquennat tout aussi raciste et violent que le dernier, si ce n’est plus : entre création d’une nouvelle police pour les quartiers populaires, plus d’expulsion et moins de visas, Macron a promis de renforcer la répression et la chasse aux migrants.

Plus que jamais, il faut revendiquer l’ouverture des frontières, la libre circulation et installation de toutes et tous les réfugiés et migrants, et de leur assurer une vie digne, en leur assurant travail, logement, santé ainsi que la régularisation sans condition de nationalité pour ne pas avoir à vivre dans la peur d’être expulsé du jour au lendemain.



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