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Répression policière

« Ils nous ont mis 135 euros d’amende » : des lycéens verbalisés pour avoir tenté de bloquer

Ce vendredi matin, les lycéens du lycée Maurice Ravel (20e) ont tenté de bloquer leur lycée. Dans la continuité de la vague de blocus débutée le mardi 18 octobre, la police était, encore une fois, là pour réprimer les élèves. Cette fois, elle a distribué des amendes de 135 euros.

Alexis Taïeb

22 octobre 2022

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Crédits photos : FLORIAN DAVID / AFP

Ce vendredi à Paris, les élèves du lycée Maurice Ravel (20e) ont tenté de bloquer à nouveau leur établissement, après un premier blocus le mardi 18 octobre lors duquel ils avaient exprimé leur solidarité avec les grévistes, mais aussi leur refus de la sélection instauré par Parcousup et de conditions d’études particulièrement dégradées : « Au-delà du fait que l’on manque de professeurs, comme dans beaucoup de lycées, il y a aussi des rats dans notre établissement » nous explique Nicolas* lycéen en classe de première.

Ainsi, pour cette nouvelle tentative de blocus, les élèves ont dû se confronter à la police. Cette dernière a mis des coups de pression aux étudiants, a contrôlé leur identité et mis des amendes à certains d’entre eux. Nicolas*, qui fait partie de ces élèves, témoigne de la scène : « On était un petit groupe, la police nous a pris nos papiers et les ont pris en photo. Puis ils nous ont verbalisé et prévenu que l’on allait recevoir une amende de 135 euros pour « entrave », sans nous préciser le motif. »

Alors que les élèves essayaient de mettre en place le blocus en plaçant des poubelles devant les grilles de l’établissement, les policiers les en ont également empêchés et les ont contraints de force à les déplacer. Ensuite, le groupe de Nicolas* a dû subir un second contrôle de police : « on était parti s’asseoir sur un banc, puis un autre groupe de police est venu et nous a contrôlé une seconde fois, en se moquant de nous. »

D’autres lycéens présents pour bloquer le lycée auraient été pourchassés par la police. D’après le lycéen, alors que la police est désormais présente systématiquement lorsqu’une mobilisation est prévue sur le lycée, il serait possible que ce soit la direction qui y fasse appel directement. Une manière de dissuader les lycéens de bloquer à nouveau.

Encore une fois, et dans la continuité des nombreuses interventions policières depuis plusieurs jours, les lycéens se font réprimer dès qu’ils décident d’exprimer leur colère et leurs revendications. Pour ne donner qu’un exemple, au lycée Juliot Curie, à Nanterre (92), qui s’est fortement mobilisé ces derniers jours, des dizaines d’élèves ont été placées en garde à vue et frappées par la police. Dorénavant des agents de sécurité sont présents en permanence dans l’établissement pour les fliquer.

La répression continue un peu partout, mais les lycéens ne décolèrent pas pour autant. « Même si on a peur, on ne va pas se laisser abattre et on continuera à se mobiliser jusqu’au bout » conclue Nicolas*. En tout état de cause, la répression quasi-systématique qui s’abat contre les lycées est la preuve que le gouvernement craint l’explosion d’un mouvement dans les lycées, alors que plusieurs secteurs du monde du travail lutte pour des augmentations de salaire.

*Les prénoms ont été modifiés.


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