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Transdev

« Ils ne proposent que des miettes » : deuxième semaine de grève à Transdev Coubron et Chelles

Les conducteurs de bus Transdev de Coubron et Chelles ont entamé leur 8ème jour de grève ce lundi. Face à une direction qui ne cède pas, le mouvement continue et pourrait s'élargir à 3 nouveaux dépôts la semaine prochaine.

Ivan Ferrero

27 novembre 2023

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« Ils ne proposent que des miettes » : deuxième semaine de grève à Transdev Coubron et Chelles

Révolution Permanente

Cela fait maintenant une semaine qu’aucun bus n’est sorti des dépôts de bus de Coubron (93) et Chelles (77). Après 8 jours de grève le mouvement continue et s’élargit : alors que vendredi 5 conducteurs de bus ont rejoint le mouvement, ce matin, ce sont 2 nouveaux travailleurs qui se sont mis en grève. Le mouvement est ainsi désormais suivi par 90% des CDI sur le dépôt de Coubron. Les grévistes réclament 200€ d’augmentation de salaire, une prime d’assiduité de 150€, une prime de risque de 100€ et de meilleures conditions de travail.

Une direction qui ne cède pas et qui essaye d’intimider les grévistes

Depuis 8 jours les conducteurs de bus se relaient de jour comme de nuit. Face au mouvement, la direction joue la sourde oreille « Vendredi, après 5 jours de grève, ils nous ont proposé une augmentation de 0,7% qu’on a refusé. Au vu de l’ampleur du mouvement, ce sont des miettes » explique un gréviste.

La direction tente de jouer au plus fort. La semaine dernière, elle a ainsi mis à pied deux intérimaires qui refusaient de sortir leur bus, ce qui a révolté les grévistes : «  J’ai l’ai vu pleurer quand les chefs lui ont mis la pression pour le forcer à sortir le bus du dépôt. C’est tellement injuste. La direction nous méprise tous, c’est important de montrer notre solidarité » déclare l’un d’entre eux.

Cette répression s’inscrit dans une volonté plus large de la direction de limiter les effets de la grève, quitte à dépenser d’importantes sommes d’argent plutôt que céder aux revendications. Ce qu’elle fait en envoyant par exemple un maximum d’intérimaire sur le dépôt de Villepinte, afin d’assurer le service sur les principales lignes. « La direction met en danger les intérimaires. dénonce les grévistes. On leur demande d’assurer certaines lignes où aucun bus n’est passé depuis une heure et où donc des centaines de personnes vont se précipiter pour monter. La fatigue et la colère, c’est nous les conducteurs qui sommes en première ligne et qui la prenons. Le risque de confrontations violentes entre les usagers et conducteurs y est donc beaucoup plus grand ».

Cependant, face à ces tentatives pour briser le mouvement, les grévistes peuvent compter sur le soutien des usagers qui viennent chaque jour sur les deux piquets pour apporter de la nourriture et du bois pour entretenir le feu : « On voit beaucoup de riverains et d’usagers qui viennent nous donner de la force, ça fait chaud au coeur » explique un gréviste. Une solidarité également financière puisque mercredi dernier, les grévistes ont impulsé une caisse de grève « Cette caisse nous sert à structurer la solidarité avec les usagers et les habitants. On veut pouvoir leur expliquer que si les transports sont dans un si mauvais état, c’est à cause de la direction de la mise en concurrence. En nous soutenant, on s’unit pour pouvoir affronter la direction de Transdev ! » explique un des grévistes à l’initiative de la caisse de grève.

Vers une extension du conflit dès lundi prochain ?

Un des éléments qui pourrait renforcer considérablement le mouvement est la possible extension du conflit aux dépôts de bus de Villepinte, Tremblay, et Chelles STBC. Du côté de Villepinte et Tremblay une réunion s’est tenue ce lundi entre les syndicats et la direction suite au dépôt d’un préavis de grève par l’ensemble des organisations syndicales. « L’objectif est de rentrer en grève dès lundi prochain, avec également le dépôt de Chelles STBC, afin de frapper tous ensemble » explique Amir*, représentant syndical au dépôt de Villepinte. Une grève qui pourrait faire basculer le rapport de force puisque Villepinte, avec 630 conducteurs et 240 bus, est le plus gros dépôt de France. « Si on se met en grève, de Aubervilliers (93) jusqu’au 77 il n’y a plus un bus qui roule » poursuit-il.

Ainsi après une semaine de grève, les grévistes de Coubron et Chelles tiennent bon et pourraient être prochainement rejoint par 3 nouveaux dépôts. Une extension qui semble essentielle afin de pouvoir faire plier la direction qui ne propose que des miettes et qui doit être militer afin d’être la plus large possible.

Pour soutenir les grévistes dans leur combat, donnez à la caisse de grève et rendez-vous de jour comme de nuit au 29 avenue Corot - Coubron (93470) et au 4 Avenue de la Trentaine - Chelles (77) !

*le prénom a été modifié


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