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Société

Les victimes exigent la levée de son immunité

Immunité parlementaire pour l’ambassadeur du Vatican, auteur d’agressions sexuelles

Trois victimes d'agressions sexuelles de Luigi Ventura, l'ambassadeur du Vatican en France, ont publié dans Libération une tribune demandant au gouvernement la levée de l'immunité parlementaire.

samedi 2 mars

Nous sommes « dans l’impossibilité de faire valoir les droits que notre système judiciaire a pour obligation de nous offrir. » Trois victimes de Luigi Ventura ont publié une tribune afin de réclamer la levée de l’immunité parlementaire de l’ambassadeur du Vatican en France. Tout représentant diplomatique bénéficie en effet de cette immunité du simple fait de sa fonction.

Ces trois hommes demandent au gouvernement français et au Vatican de « joindre la parole aux actes », afin que l’agresseur présumé puisse être entendu. Deux enquêtes pour agressions sexuelles ont été lancées à son encontre par le Parquet de Paris. «  Aujourd’hui le silence coupable de l’Etat nous semble pouvoir être interprété comme une complicité » déplorent-ils, avant de poursuivre. « Il serait inconcevable que la France permette ainsi à l’un des auteurs d’échapper à la justice française en arguant d’une protection qui n’a pas pour but d’octroyer de facto une impunité pour des actes sans rapport avec la mission diplomatique. »

L’Italien de 74 ans est accusé d’avoir réalisé des attouchements sexuels sur ces employés municipaux lors de cérémonies officielles, notamment lors des vœux d’Anne Hidalgo.

L’ambassade du Vatican au Canada a fait savoir qu’une nouvelle plainte avait été récemment déposée dans le pays, faisant suite aux deux déjà émises en France en janvier dernier. Luigi Ventura a été ambassadeur du Pape au Canada de 2001 à 2009, avant d’arriver en France. En 2008 lors d’une réception, il a plusieurs fois abusé de l’un des serveurs en lui touchant les fesses à plusieurs reprises. « La nouvelle a été portée à la connaissance du Saint-Siège », précise l’ambassade canadienne.

La tribune de ces trois victimes arrive moins d’une semaine après la tenue d’une conférence sur les abus sexuels sur mineurs perpétrés au sein de l’Eglise. Quatre jours de travaux conclus par un discours du Pape François dans lequel le pontife qualifie ces actes « d’abominables », promettant que l’institution ne reculerait « devant aucun effort » pour rendre justice et mettre fin à ces actes, tout en déclarant par la suite que « derrière la pédophilie, il y a Satan », déresponsabilisant des lors les auteurs d’agressions sexuelles.

Le Vatican et l’Etat français refusent une nouvelle fois de prendre les mesures nécessaires pour lutter contre le fléau des violences sexuelles intrinsèques à l’institution cléricale, à commencer par retirer l’immunité d’un homme visé par trois plaintes dans deux pays différents.

Les scandales d’agressions sexuelles au sein de l’Eglise catholiques continuent de se multiplier, sans que l’institution ne se décide à s’y confronter et à reconnaître les victimes. Comme dans les différentes affaires qui ont éclaté ces derniers mois au Chili, ou avec celle du Cardinal Barbarin – entendu par la justice en début d’année l’Eglise préfère passer les faits sous silence et refuser de les reconnaître.




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