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LA LUTTE PAYE

Importante victoire des postiers de Neuilly après 82 jours de grève

Martín Noda Il aura fallu 82 jours de grève aux postiers de Neuilly pour faire reculer la direction. 82 jours d’une lutte infatigable qui se finit avec un franc succès. Certes, 82 jours de grève semblent beaucoup, mais les travailleurs de la poste, leurs équipes syndicales combatives, savent que les grèves longues sont les seules qui font reculer la direction. Celle-ci est trop habituée à une faible résistance, à faire passer réorganisation après réorganisation, licenciement après licenciement, comme une lettre à la poste, grâce au soutien direct ou indirect des directions syndicales bureaucratisées. Mais là où sont présentes des équipes syndicales combatives, comme à Paris 15, au 92 ou en Basse-Normandie, la direction est obligée de reculer.

mardi 19 janvier 2016

Une énième réorganisation du travail

Comme dans chaque bureau, tous les 6 mois, la direction voulait « réorganiser » le travail sur le centre de distribution de Neuilly. L’objectif : augmenter l’exploitation, réduire les emplois, augmenter ses profits. Et bien sûr casser toute forme d’organisation des postiers.
Les mesures proposées étaient de supprimer des tournées (en principe 8) ; délocaliser le service CEDEX (pour les grandes entreprises) à La Défense ; augmenter l’exploitation en instaurant 3 jours de « sécabilité » — absences non remplacées, ayant pour conséquences la répartition du travail d’un postier malade ou en vacances sur les autres postiers, et la suppression d’un samedi sur deux de repos. La direction « réorganise donc en supprimant des postes et en augmentant les rythmes de travail ».

La lutte des postiers

La grève avait commencé fort avec un taux de 85 % de grévistes. Après, même avec des fluctuations dues aux pressions de la direction et aux retenues sur les salaires, le taux de grévistes a plusieurs fois dépassé les 80 %. S’ils ont tenu une grève si longue, c’est grâce à leur organisation en assemblées générales où toutes les décisions étaient prises ; à l’organisation de fêtes de soutien et d’une caisse de grève ; aux liens avec d’autres centres où ils sont allés à plusieurs reprises pour faire des prises de parole, et qui se sont joints à des journées de grève départementales. Trois centres (Clichy, Puteaux et Châtenay) ont fait quelques jours de grève pour des revendications propres et ont repris le travail après que la direction ait cédé pour éviter l’élargissement de la grève de Neuilly.

Une direction dure

La direction de la Poste n’aime pas négocier avec des grévistes. Encore moins celle du 92, dirigée par M Saint-Guilhem. Elle a attendu 12 jours de grève pour dire qu’elle pouvait peut-être revoir une des surpressions de postes. Ceci sans même recevoir les grévistes. Ce n’est qu’après plus d’un mois de grève que les négociations ont réellement commencé.
Mais pour négocier, la direction a voulu taper fort : licenciement d’un gréviste sur de fausses accusations, des blâmes, des avertissements, des retenues sur salaires. Mais les grévistes ont tenu bon et n’ont pas accepté les miettes proposées par la direction (d’abord revoir une suppression supplémentaire, mais sans céder sur les conditions de travail).
Entre-temps, le directeur régional change et le nouveau, M Lefevre, ouvre des négociations plus sérieuses début 2016 (par exemple en cédant sur la délocalisation du CEDEX), même s’il essayera de manœuvrer jusqu’au bout.

Une grande victoire des postiers

Finalement, la direction a dû céder sur l’essentiel. Le CEDEX reste, une réduction à seulement 4 suppressions de poste, mais surtout le maintien des conditions de travail. Un seul jour par semaine est « sécable » — le lundi ; et le maintien pour deux tiers du personnel d’un samedi sur deux travaillé. Le tiers restant aura un autre régime avec de longues périodes de repos et ceci a été fait sur la base du volontariat. Le gréviste licencié sera réincorporé. Et cerise sur le gâteau, la direction est obligée de donner des CDI à 25 agents car elle ne peut pas utiliser des CDD ou des intérims pour remplacer les grévistes pendant les 82 jours qu’a duré le conflit.
Cette victoire a été possible grâce à la combativité des postiers et à une organisation syndicale anti-bureaucratique, qui a déjà mené plusieurs conflits, certains très longs, comme celui des Hauts-de-Seine de 2014 qui avait duré 173 jours. Cette victoire montre aussi que la direction n’est pas toute puissante, et que si les travailleurs s’organisent, ils peuvent la faire reculer.

Communiqué de Presse :



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