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Justice de classe

« Un bicot comme ça, ça ne nage pas » : 4 mois de sursis pour un des policiers, rien pour les autres

Après l’agression raciste par la police d’un homme qui avait tenté de s’échapper en sautant dans la Seine, quatre mois de prison avec sursis et 1000 euros d’amende ont été requis contre un agent. Rien n'est requis contre ses collègues. Encore et toujours, la justice couvre et protège la police.

vendredi 5 novembre

Ce jeudi 4 novembre, le procès des sept policiers accusés d’insultes racistes et de violences lors de l’interpellation de Samir E., jeune d’origine égyptienne en avril 2020, a eu lieu. Lors du procès les six policiers accusés de violences se sont vu blanchis, le procureur adjoint Loic Pageot expliquant : « je ne peux vous demander d’entrer en voix de condamnation au bénéfice du doute. Je ne dirais pas qu’il n’y a pas eu de violences. Je n’en sais rien ». Alors que deux témoins expliquent avoir entendu des coups suivis de cris de douleurs], et que la vidéo de l’agression publiée sur twitter par le journaliste Taha Bouhafs fait très clairement entendre ces mêmes sons. Même le « Tu l’as éclaté au sol  » lancé par l’un des policiers ne suffit pas à dissiper les doutes du procureur sur la présence ou non de violence, et encore moins le témoignage de la victime.

Quatre mois de prison et 1000 euros d’amende ont été requis contre un septième agent, accusé seulement d’insultes racistes pour avoir prononcé la phrase ignoble « Un bicot comme ça, ça ne nage pas », phrase à laquelle a répondu un autre agent par « Ahah, ça coule, tu aurais dû lui accrocher un boulet au pied ».

Une (non)peine dérisoire face à une ratonnade en règle et pour des mots racistes faisant écho au massacre des manifestants algérien du 17 octobre 1961 par la police à Paris. D’autant plus qu’au long du procès, les policiers se sont défendus de manière nauséabondes en précisant que « c’est une blague de mauvais gout », « j’avais besoin de décompresser et faire marrer la galerie », « un moment d’humour », « une blague potache pour s’amuser ». Ils ont essayé de faire passer des propos racistes pour de l’humour, le tout validé par la justice. Encore une fois celle-ci montre son racisme, allégeant les peines des policiers et ne protégeant en aucun cas les victimes de violences policières, quand elle ne fait pas d’eux des coupables.




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