^

Notre classe

Impunité policière

Impunité : les policiers responsables de la mort de Zineb Redouane ne seront pas sanctionnés

Les deux CRS à l'origine du tir responsable de la mort de Zineb Redouane en 2018 ne seront pas sanctionnés suite à une décision du Directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux. L'enquête administrative couvre les deux policiers et conforte l'impunité d'une police qui tue sans jamais à avoir à rendre de comptes.

lundi 1er novembre

Crédits photo : CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

Frédéric Veaux, Directeur général de la police nationale, a pris la décision de ne pas sanctionner les CRS impliqués dans le tir de grenade qui a coûté la vie à Zineb Redouane annonçait ce samedi l’AFP. Selon, la DGPN les conditions de la manifestation des Gilets jaunes, les barricades et la fumée permettent d’expliquer un manque de « discernement » chez les policiers. Une décision en-deçà des préconisations de l’IGPN qui appelait à un conseil de discipline pour le CRS ayant tiré ainsi que le policier qui avait supervisé son tir.

Les deux policiers responsables de la mort de Zineb Redouane n’écoperont donc que d’un stage de formation… Une décision qui vient conforter l’impunité qui entoure la mort de Zineb Redouane depuis trois ans. Le 1er décembre 2018, l’octogénaire était victime, à sa fenêtre, d’un tir mortel de grenade lacrymogène provenant de CRS alors qu’elle était entrain de fermer ses volets.. « Ils m’ont visée, ils m’ont visée » affirmera Zineb Redouane alors que les pompiers l’emmènent à l’hôpital où elle mourra.

Depuis, le gouvernement et l’Etat entretiennent le déni autour de la première victime mortelle de la répression exercée contre les Gilets jaunes. Une première expertise balistique commandée par l’État disculpe ainsi les policiers porteurs des lance-grenades de type Cougar présents lors de la manifestation. Le commandant des CRS refuse même de donner l’arme à l’origine du tir pendant l’enquête. En mai 2020, une nouvelle expertise balistique met hors de cause les forces de répression.

Mais une contre-expertise indépendante de Disclose met à mal la version défendue par la justice et l’État. Elle révèle qu’un CRS est à l’origine du tir de grenade qui a frappé à sa fenêtre Zineb Redouane en plein visage à près de 100 km/h. Des images capturées par un dispositif de vidéo-surveillance accablent clairement les CRS qui ont lancé la grenade en dépit de toutes les règles censées encadrer l’usage de ce type d’arme.

Sur Facebook, Milfet Redouane, la fille de Zineb Redouane que nous avions interviewés en 2019 a réagi à cette décision. « Facile à classée, facile à nier. Tout est facile en France à part la Justice dans un pays soi-disant des droits de l’homme et des libertés. Voilà la France de Macron, voilà les miracles de Macron. Ni oubli, ni pardon, pas de justice, pas de paix » a-t-elle écrit, ajoutant : « Ma mère a été tuée par votre police, une vérité que vous ne pouvez nier. Même avec mille classements sans suite, cette vérité vous poursuivra pour toujours. Macron, ma mère c’est le scandale de votre mandat. »

Cette décision s’inscrit malheureusement dans la longue tradition de l’impunité des forces de répression, alors que deux-tiers des décès suite à une intervention policière ne débouchent sur aucun procès comme l’a montré Basta Media. Face à l’impunité qui persiste pour toutes les victimes de violences policière, il faut affirmer haut et fort que la police tue et qu’elle a notamment tué Zineb Redouane à Marseille en 2018, lors des manifestations de Gilets jaune. Justice et vérité pour Zineb !




Mots-clés

Répression policière   /    Gilets jaunes   /    impunité policière   /    Violences policières   /    Répression   /    Notre classe