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Société

Insalubrité

Incendie dans le plus grand squat toulousain : réquisition de logements vides, et vite !

L’immeuble d'un squat toulousain dans lequel vivaient plus de 600 personnes a brûlé hier en début d’après-midi. En plus de subir la violence du mal logement et de la rue, ces personnes se font réprimer par la police.

jeudi 6 février

L’évènement était inévitable. L’immeuble avenue de Muret était surpeuplé avec plus de 600 personnes qui logeaient en son sein depuis le mois de mai alors qu’ils avaient été expulsés par la préfecture d’un autre squat à Saint Michel.

L’immeuble était en état d’insalubrité. Heureusement l’incendie n’a fait aucun blessé… sans compter les pratiques policières de répression. Au moment de l’incendie, mardi vers 14h30, les personnes présentes – pour beaucoup en situation irrégulière – voulaient récupérer leurs effets personnels et notamment les preuves de leur vie en France ainsi que leurs papiers. Pour interdire l’entrée, les policiers n’ont rien trouvé de mieux à faire que de tirer des gaz lacrymogènes. Des manifestations aux interventions concernant des réfugiés en situation de détresse, les pratiques policières ne changent guère...

Trois gymnases ont été ouverts pour accueillir provisoirement ceux qui – encore traumatisés – se sont résigné à prendre le risque de se faire contrôler par les policiers.

Tout ceci a lieu dans un contexte politique local où, en septembre dernier, le maire de Toulouse Jean Luc Moudenc, signe un arrêté municipal interdisant les bivouacs sur la voie publique. Cet arrêté, qui avait fait scandale, exclue et isole les sans domiciles fixes de la ville, sans proposer de solutions, dans une véritable chasse aux pauvres et aux migrants. L’incendie de ce squat met en lumière les conséquences de cette politique réactionnaire, qui poussent des centaines de personnes à s’entasser dans des locaux insalubres, dans des conditions sanitaires et de sécurité absolument terrible.

Mercredi dans l’après-midi, les habitants ont été autorisés à récupérer leurs affaires. Certains dormirons de nouveau dans le squat n’ayant de meilleure solution. Les gymnases proposés, en plus de n’être que des solutions provisoires, ne sont pas des réponses politiques satisfaisantes pour ces personnes sans papier qui fuient le harcèlement policier que permet ces solutions d’hébergement centralisées.
Cette oppression permanente est d’autant plus choquante qu’aucune mesure politique n’est prise en conséquence. Pourtant la ville de Toulouse compte près de 40 000 logements vides en 2019 (sans compter les bâtiments administratifs vides !), contre 4 000 personnes sans domiciles fixes qui errent dans ses rues.

Où vont dormir ces hommes, femmes et enfants ? L’urgence est de réquisitionner ces logements vides, pour les personnes victime de ce sinistre et pour l’ensemble des personnes qui vivent actuellement à la rue !

Crédits photo : squat.net




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