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Politique

Augmentez les salaires

Inflation : les prévisions à nouveau revues à la hausse par la Commission Européenne

Malgré les promesses de Bruno Le Maire qui expliquait que nous avions atteint le « pic de l'inflation » il semble au contraire que celle-ci soit profonde, durable et continue d'augmenter encore. La Commission Européenne vient d'annoncer revoir ses prévisions de croissance à la baisse et ses prévisions d'inflation à la hausse, pour la zone euro. Un scénario plus pessimiste qui se confirme chaque jour et auquel les chèques alimentaires du gouvernement ne changeront rien.

jeudi 14 juillet

« Nous sommes au cœur du pic d’inflation » annonçait fièrement Bruno Le Maire fin juin. Le ministre de l’économie a cherché à installer l’idée que le plus dur serait derrière nous, pour justifier la faiblesse de la loi pouvoir d’achat, du chèque alimentaire et de la remise à la pompe. Pourtant, les prévisions de différents instituts n’en finissent plus de revoir leurs prévisions à la hausse.

Ce jeudi, c’est la Commission Européenne qui, selon Bloomberg, va publier un document revoyant les prévisions d’inflation bien à la hausse. Contre ses estimations de mai où elle anticipait une inflation à 6,1% sur l’année pour la zone euro, celle-ci serait plutôt estimée aujourd’hui à 7,6%, soit une hausse des prévisions de 1,5 point ! De la même manière, les prévisions de croissance pour 2023 passeraient de 2,3% à 1,4% dans cette nouvelle version. Autrement dit, la « stagflation » (stagnation + inflation) tant redoutée dans les discours actuels.

Contre les discours cherchant à rassurer, à analyser l’inflation comme de courte durée ou essentiellement due à la guerre en Ukraine, la réalité s’impose : la hausse des prix a des racines plus profondes, que la guerre n’a fait qu’accélérer, comme nous l’avons expliqué par exemple dans notre émission sur le sujet. Les salaires, eux, sont loin d’augmenter autant que les prix, malgré les nombreuses grèves ayant lieu au moment des négociations annuelles obligatoires. Et cela alors même que les entreprises du CAC40 battent leur record de bénéfices, celles de l’énergie en tête comme TotalEnergies ou ENGIE.

Face aux grandes entreprises qui augmentent les prix pour sauver leurs profits, face au gouvernement qui nous promet des miettes, il nous faudra un plan de bataille qui vise à arracher non seulement des augmentations de salaires immédiates, mais qui se batte pour quelque chose qui vaut la peine : pour indexer tous les salaires et les pensions sur l’inflation, pour supprimer les taxes injustes comme la TVA où un pauvre contribue autant qu’un riche, pour la mise en place de commission d’usagers et de travailleurs qui contrôlent eux-mêmes la distribution et les prix, à commencer par les secteurs alimentaires et de l’énergie, et pour la nationalisation sans indemnités ni rachat, nationalisation réelle au contraire de celle d’EDF, sous contrôle des ouvriers et des usagers pour que les biens de première nécessité soient des biens publics.

Pour imposer ce programme d’urgence et au-delà, la journée d’action isolée de la CGT le 29 septembre ou la « marche contre la vie chère » de Mélenchon un samedi pour esquiver la question de la grève ne suffiront pas.

Une stratégie pour gagner devrait commencer par s’appuyer sur le profond phénomène de grèves salariales qui existe dans le pays depuis plus d’un an, pour le renforcer, coordonner les différentes grèves par des assemblées inter-pro entre grévistes, en vue de lier tous ceux qui ont commencé à relever la tête ces derniers mois, des cheminots aux salariés de Roissy ou Total, en passant par les nombreuses boites du privé, petites ou grandes, dont beaucoup ont connu leur première grève l’année précédente.

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