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Inondations en Allemagne : l’Europe n’est plus à l’abri des phénomènes climatiques meurtriers

Selon une nouvelle étude parue ce mardi, le réchauffement climatique est directement responsable des inondations qui ont frappé la Belgique et l’Allemagne faisant plus de 200 morts.

mardi 24 août

Crédits photo : Rhein-Erft-Kreis, AP

En juillet dernier, la Belgique et l’Allemagne étaient frappées par des inondations qui avaient fait plus de 200 victimes et des dégâts matériels d’une ampleur inédite en Europe centrale. Les précipitations soudaines qui s’étaient alors abattues ont largement surpassé le record de précipitations historiques. Entre le 14 et le 15 juillet, se sont entre « 100 et 150 millimètres » soit l’équivalent de deux mois de précipitations qui se sont abattues, selon l’Organisation météorologique mondiale. Le débordement soudain des cours d’eau ont surpris de nombreux habitants. Des habitats entiers ont été emportés et de nombreux glissements de terrain apocalyptique, qui ont emporté plusieurs habitations.

Selon une nouvelle étude parue ce mardi, le réchauffement climatique est directement responsable de ce phénomène météorologique extrême. N’en déplaise aux conservateurs Allemands qui crient à l’instrumentalisation écologique de l’affaire qui est devenu un sujet national de l’élection présidentielle à venir.

L’étude de la World Weather Attribution, qui regroupe plusieurs scientifiques de divers instituts de recherche dans le monde, indique en effet que pour chaque degré supplémentaire, le taux d’humidité dans l’atmosphère augmente de 7%, ce qui contribue directement à l’accentuation des phénomènes extrêmes. La récurrence des phénomènes extrêmes s’est donc rendu jusqu’à 9 fois plus probable par le réchauffement climatique.

Bien que le réchauffement climatique soit la principale cause de ces inondations meurtrières, elle n’est pas la seule. En effet, cette région de l’Europe centrale est particulièrement victime de l’artificialisation des sols dû à l’activité agro-industriel. Problème : cette artificialisation empêche l’eau d’être absorbée par les terres qui se retrouvent donc redirigées vers les cours d’eau lors des forts épisodes pluvieux. Nous revenons en détail sur ce phénomène dans un article publié il y à quelque mois[mettre lien article]. Ce même article pointe aussi l’urbanisme le long des cours d’eau comme un autre facteur aggravant les inondations ; la pression foncière des villes empêche les cours d’eau de pouvoir naturellement sortir de leur lit sans occasionner de dégâts matériels.

Le dernier rapport du GIEC, la question n’est plus de savoir quand les phénomènes extrêmes vont survenir, mais comment se préparer au mieux et comment les limiter leurs impacts. Cela nécessite de s’attaquer au fondement de la société capitaliste aussi bien à une échelle local, en revoyant les plan d’urbanisme, qu’à une échelle structurelle, en s’attaquant à l’agrochimie et au mode de production capitaliste directement responsable de 76% des émissions de CO2.

Les phénomènes climatiques extrêmes ne se limitent désormais plus aux continents du sud. Cet été, l’Europe a été pris entre le marteau et l’enclume des catastrophes naturelles avec d’un côté, des feux de forêts sur puissant et de l’autre, des inondations éclaire qui emporte de villages entiers. Face à cela, la classe politique, au service des intérêts des grands groupes capitalistes brille par son inaction si ce n’est pire. A ce rythme, le seuil de +1,5°C -objectif idéal à ne pas dépasser selon l’accord de Paris- pourrait ainsi être atteint autour de 2030, soit 10 ans plus tôt qu’estimé.

En finir avec la société capitaliste et ces intérêts antagonistes à ceux de l’environnement devient une urgence vitale.




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