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Politique

Violences policières

Interpellation violente à La Courneuve : « le coup de la corde à linge »

Une vidéo parue sur les réseaux sociaux ce mardi, dénonce la répression policière subie par un jeune lors d’une interpellation. Le jeune, à l’arrêt, se fait plaquer au sol extrêmement violemment, par un policier qui fait usage d’une technique de catch. Une interpellation qui vient s’ajouter à la violence quotidienne subie par les jeunes des quartiers populaires.

mercredi 3 avril

Le média indépendant « Lies Breaker » a posté une vidéo sur les réseaux sociaux le 2 avril, où l’on voit un jeune se faire violemment interpeller par les forces de l’ordre. Alors qu’il est à l’arrêt, il se fait mettre à terre par un policier qui lui assène un coup violent à la gorge, communément appelé « coup de la corde à linge ». Il s’agit d’une prise de catch, qui consiste à courir en écartant son bras sur le côté, pour frapper l’adversaire à la gorge et le mettre au sol.

Lorsqu’on sait que Christophe Dettinger a été condamné à 1 an de prison ferme aménageable en semi-liberté, pour avoir « boxé » les forces de l’ordre pendant une manifestation des gilets jaunes, il est d’autant plus révoltant de voir des policiers user de techniques de catch pour interpeller injustement des individus.

La scène se passe à La Courneuve, une commune appartenant au département de Seine Saint Denis, souvent décrite par les médias et les politiques comme une « ville ghetto », où « sévit l’insécurité ». Il n’est donc pas étonnant d’y voir une interpellation réalisée avec une telle violence, dans le droit fil d’une répression policière raciste constante que subissent les zones les plus populaires.

La suite de la vidéo témoigne d’un plaquage ventral au sol, lors duquel plus de 5 policiers s’apprêtent à mettre des menottes à un jeune à terre. Le plaquage ventral, technique d’immobilisation policière, est connu pour provoquer des asphyxies, puisqu’en exerçant une forte pression sur le dos, il rend très difficile pour la personne qui est au sol de respirer.

Malheureusement bien connu, le cas d’Adama Traoré est un témoignage de la violence de cette technique, et plus généralement de la violence à laquelle les forces de répression font appel lorsqu’elles interpellent des personnes racisées. Mort asphyxié à la suite d’une violente interpellation, Adama Traoré est une victime de plus de la répression policière, mais aussi du silence de l’État sur ces tragiques affaires.

S’ajoute à cette série le décès d’Ange Dibenesha, ce samedi 30 mars, à la suite d’une interpellation policière dont les contours restent obscurs et la réponse de la préfecture très peu crédible. On ne peut que soupçonner une arrestation d’une violence injustifiée.

Le nombre de vidéos faisant état de violences policières grandit depuis le mouvement des gilets jaunes, qui subit, à son tour, une lourde répression ; mais ces violences sont bien présentes depuis des années dans les quartiers populaires, où les personnes racisées sont tuées délibérément, où les policiers incriminés sont très souvent innocentés, et où les affaires se terminent par un non-lieu !




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