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Interpellations, gaz et violences policières : Macron réprime violemment le convoi de la liberté

Ce samedi, l’Etat a mis en place un énorme dispositif répressif pour empêcher la mobilisation des manifestants du « convoi de la liberté ». Les Champs-Elysées ont notamment été le théâtre d’une grande offensive à coup de contraventions, gaz, interpellations et violences contre les manifestants.

mardi 15 février

Crédits photo : Capture d’écran Clément Lanot

Tracteurs anti-barricade, blindés de la gendarmerie, BRAV-M..., ce week-end le préfet de police de Paris, Didier Lallement, n’a pas hésité à mettre la capitale en état de siège pour empêcher les manifestants du « convoi de la liberté » de se mobiliser à Paris. Le dispositif, digne de ceux mis en place lors des épisodes les plus tendus du mouvement des Gilets jaunes, s’est avéré tout aussi répressif que lors du mouvement qui a secoué la macronie en 2018 et 2019. La journée de samedi a, en effet, été marqué par une répression massive de la part des forces de répression.

Dès le matin, tout est mis en place pour que le convoi de la liberté, qui revendique notamment la fin du passe vaccinal mais dont les participants évoquent également le pouvoir d’achat et le coût de la vie, ne puisse pas entrer dans Paris. Des interpellations, verbalisations et arrestations ont lieu dès 8h rapporte Le Parisien. 95 véhicules sont verbalisés à cette heure et le bilan ne cessera de croître tout au long de la journée. À la porte de Champerret, 30 véhicules sont arrêtés, 20 autres véhicules sont ensuite arrêtés à la porte Maillot. À 9h50, 450 véhicules sont interceptés à la porte Saint-Cloud par la police. L’objectif est clair : il ne doit pas y avoir de manifestation du Convoi de la liberté à Paris.

Pourtant, malgré le dispositif mobilisant 7500 policiers et gendarmes et les équipes de répression, les plus aguerries de l’Etat, une partie des véhicules du convoi de la liberté parvient en début d’après-midi à s’imposer sur les Champs Elysées et sur la place de l’Etoile, comme lors du mouvement des Gilets jaunes. Une autre partie rejoindra la Place d’Italie et la manifestation des Gilets jaunes.

La répression ne s’est pas fait attendre et a duré toute la journée. Très vite les Champs-Elysées sont bloqués par les véhicules et par près d’un millier de manifestants. Jusqu’au soir, les forces de répression vont faire usage de gaz lacrymogènes et interpeller violemment des manifestants, en blessant plusieurs gravement. Dans une vidéo, un manifestant apparaît ainsi avec la jambe cassée par la police. Au final, on compte 97 interpellations et 513 verbalisations sur la journée à Paris.

Face aux barricades que les manifestants montent pour répondre aux violences des forces de répression, la violence de la police ne fait que s’intensifier : coup de pied dans la tête, gaz dans un café-restaurant, tabassage en règle. La BRAV-M roule sur les trottoirs dans Champs Elysées et charge à tout va pour disperser la manifestation, en vain. Jusque vers 21h des manifestants clament « Liberté ! » ou « Macron démission » et sont systématiquement gazés. Aucune expression du mécontentement social n’est tolérée par les forces de l’ordre macroniste.

La répression et les interpellations pleuvent sur les manifestants : 81 d’entre eux sont placés en garde à vue à l’issue de la manifestation. Jérôme Rodrigues, figure du mouvement des Gilets jaunes qui subit un acharnement policier depuis qu’il a mis en lumière la répression féroce que l’Etat exerce contre ceux qui le contestent, fait partie des interpellés, et sera mis en garve à vue pour « organisation de manifestation interdite » et « participation à un groupement formé en vue de commettre des violences » avant d’être libéré ce lundi.

La journée de samedi est une nouvelle démonstration de la violence d’Etat qui s’abat sur toute contestation, mais également de la volonté de Macron d’étouffer dans l’oeuf toute mobilisation à quelques semaines de la présidentielle. Une répression que les organisations du mouvement ouvrier et du mouvement social doivent dénoncer en exigeant la libération de tous les interpellés et l’abandon de toutes les poursuites.



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