^

Politique

"Vive le service public de la recherche et l'université ouverte !"

Interpellée par les chercheuses et chercheurs en lutte, Frédérique Vidal exfiltrée de la Station F

Le collectif Facs et Labos en lutte a mené une action ce jeudi 12 décembre contre la privatisation et destruction de la recherche et de l'enseignement public à la Station F, en interpellant directement la ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche

jeudi 12 décembre 2019

La ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche était venue en grande pompe dans le plus grand campus de startups du monde, pour faire le service après-vente de la politique ultralibérale de Macron et de la réforme des retraites, qui va pénaliser encore plus les étudiants précaires. Et c’est bien pour dénoncer cette politique que le chercheuses et chercheurs du collectif Facs et Labos en lutte ont mené une action avec banderole et slogan, aux côtés de Gilets jaunes et de grévistes, pour bousculer le protocole de la startup nation à Paris.

Les facs et labos en lutte

Le collectif ayant mené cette action, clairement dirigée contre la ministre et le gouvernement, revendique des facs indépendantes des intérêts privés et du patronat, et des facs ouvertes aux enfants d’ouvriers. En effet, les liens entre universités et grands groupes capitalistes sont de plus en plus forts, résultant à une pression sur les facs pour orienter les étudiants à devenir des promoteurs au services du CAC 40, en somme, à servir le capital, avec à la clé des financements privés.

Cette remise en cause du service public de la recherche est un danger pour tous les futurs chercheurs et chercheuses, mais aussi pour toute la population. Ajoutons à ça la précarisation massive en milieux étudiants, dont l’immolation du jeune Anas devant le CROUS de Lyon n’est que l’expression la plus dramatique… Ne laissons pas nos enfants devenir la proie des appétits des flibustiers de la finance ! Notre révolte est leur révolte, et c’est bien ensemble que nous iront au front contre l’immonde système de la Macronnie ultralibérale.

Le mouvement de grève contre la réformes des retraites qui secoue le pays n’est que le premier symptôme de colères bien plus profondes ; et c’est bien l’ensemble de cette société que l’on rejette partout dans le pays. C’est pour cela que toutes les franges des exploités se reconnaissent dans la grève.

Antoine Petit, PDG du CNRS

Antoine Petit a été mis à la tête du CNRS par Macron ; ce n’est donc pas un hasard si la ministre Frédérique Vidal en fait l’éloge, et vient à la Station F pour promouvoir la recherche au service des intérêt privé capitalistes. Car Antoine Petit n’a pas été choisi par hasard : partisan d’un “darwinisme” au sein de la recherche, il n’hésite pas à affirmer que « Il faut une loi ambitieuse, inégalitaire – oui, inégalitaire, une loi vertueuse et darwinienne, qui encourage les scientifiques, équipes, laboratoires, établissements les plus performants à l’échelle internationale. »

Une colère plus que légitime de la part des chercheurs, en lutte depuis déjà plusieurs semaines contre la réforme de leur statut qui ne vise qu’à les précariser encore plus. Aujourd’hui, la réforme des retraites est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, et ils le clament haut et fort : "La recherche appartient à toutes et tous ! Elle sert le bien commun, pas les entreprises capitalistes !".

Crédits photo : O’Phil des Contrastes




Mots-clés

Frédérique Vidal   /    Services publics   /    Université   /    Politique