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Interview de Guillaume, délégué CGT des cheminots de Béziers

Interview. « C’est une première victoire des cheminots de Béziers contre la fermeture du site »

La semaine dernière, plus de 400 cheminots ont envahi le comité d’entreprise à Montpellier. Après plusieurs mois de mobilisation, les cheminots en colère ont fait preuve de détermination et ont réussi à arracher l’engagement de la direction et de la Région pour le maintien du site de Béziers, qui était, jusqu’à la semaine dernière menacé de fermeture. Révolution permanente a interviewé Guillaume, délégué de la CGT Cheminots sur le site de Béziers suite aux actions de ce matin. Propos recueillis par Laure Varlet

lundi 19 décembre 2016

Révolution permanente : Peux-tu nous raconter ce qui s’est passé ce matin et en quoi consiste cette première victoire que vous avez réussi à obtenir ?

Guillaume : Ce matin, nous étions 200 cheminots à manifester contre les plans de la direction de la SNCF concernant le site de Béziers et la suppression de postes. Avec plusieurs mois de mobilisation et un rapport de forces, nous avons réussi à faire reculer la direction et à obtenir des choses. Le directeur de région s’était engagé à venir sur le dépôt pour faire les annonces concernant l’avenir du site et des emplois des cheminots dans la région et il l’a fait aujourd’hui. Par rapport au train jaune, ils avaient toujours la volonté de faire les réparations sur Villefranche. Par contre, ils se contredisent puisque le conseil régional s’est positionné sur la nécessité de maintenir Béziers, et cela est en partie en raison de la colère et la tension sociale existante sur Béziers. Les locotracteurs ne seront à priori pas touchés. Sur les projets à court terme, ils se sont engagés sur deux choses. La possibilité de faire le reprofilage des essieux à Béziers et le démantèlement des rames des trains Corail. Le directeur de la Région a clairement dit que le site de Béziers était sauvé. Il s’agit donc clairement d’une victoire pour les cheminots, mais on n’est pas dupes, puisqu’il ne s’est pas engagé sur la question des effectifs. Nous on veut maintenir le site, mais aussi l’ensemble des emplois. Les annonces vont être faites dans un délai court, donc on verra bien. De toute façon, nous, on ne lâchera pas l’affaire. Nous avons démontré que les cheminots sont déterminés, nous avons organisé des rassemblements, l’envahissement du CE, nous avons interpellé les politiques au niveau de la région, ainsi que la direction de la SNCF. Au final, c’est par le biais de l’interpellation des politiques et du rapport de forces que nous avons réussi à faire reculer la direction.

Quelles sont les prochaines étapes que vous envisagez ?

G : Là, nous allons rentrer dans la période des fêtes, mais les cheminots sont conscients qu’il va falloir continuer la lutte. Début janvier, nous voulons des réponses. Nous avons réussi à les faire reculer sur la fermeture du site, et maintenant on veut l’assurance du maintien de l’ensemble des effectifs. Après les vacances, nous allons discuter de la suite de nos actions, si on fait grève, des nouveaux rassemblements, etc.

Même s’il y a encore des choses à préciser, cette première victoire est encourageante pour l’ensemble de cheminots qui se battent contre les réorganisations et les suppressions de postes, contre l’application de la réforme ferroviaire dans les différents corps de métiers. Cette première victoire est la preuve que le rapport de forces joue et peut faire changer la donne…

G : C’est une première victoire et nous l’avons obtenu parce que nous nous sommes mobilisés et que nous avons interpellé les politiques. Nous avons exigé des contreparties à leurs promesses, nous avons exigé des engagements sur le maintien du site. Le directeur de la Région est donc venu en personne et il a dû s’engager. Ce sont les cheminots avec leur mobilisation qui ont obtenu cela. C’est une sacrée première victoire dans le contexte actuel !

En ce moment, il y a des réorganisations qui sont annoncées dans différentes régions et dans différents corps de métiers, et la SNCF cherche assez clairement à diviser les cheminots et à faire en sorte que chacun se batte dans son coin. Est-ce qu’il ne faudrait pas une convergence et une coordination des différents services pour frapper tous ensemble, le même jour, pour avoir un meilleur rapport de forces ?

G : Ce qui se passe aujourd’hui, c’est que les cheminots nous sommes en train de subir de plein fouet la mise en application de la réforme ferroviaire. Il faut en effet faire monter la mayonnaise et essayer de fédérer tout ça, puisque nous n’allons pas pouvoir gagner si on reste isolés et divisés. Il faut éviter le repli sur soi, et que chacun se préoccupe uniquement de ce qui le concerne directement. Il faut lier les revendications et problématiques locales, aux questions qui concernent l’ensemble des cheminots. Sur la région du Languedoc-Roussillon, on arrive à être nombreux dans les mobilisations. C’est notre travail des délégués derrière qui est important, d’informer, d’aller voir les collègues, faire des assemblées générales, et expliquer ce qui est en train de se passer. Il est clair qu’il va falloir aller vers un rapport de forces national, et il faut que les cheminots tous ensemble le décident. Si les cheminots sont déterminés et conscients du problème, cela va se faire.




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