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Intimidation : 6 militants écolos ougandais opposés au méga-projet de Total placés en garde-à-vue

Vendredi 22 octobre, six salariés de l’ONG ougandaise AFIEGO, Institut africain pour la gouvernance de l’énergie, ont été arrêtés et détenus pendant plus de 48h révèle Rapports de Force. Alors que l’organisme s’acharne à dénoncer les impacts environnementaux et humains catastrophiques du projet Tilenga de Total, les menaces s'accentuent à l’encontre des opposants au projet.

mercredi 27 octobre

Crédit photo : Karim SAHIB / AFP

Des organismes sous pressions et des opposants à Total de plus en plus menacés

C’est le média Rapports de Force qui révèle l’information : vendredi 22 octobre, six salariés de la principale organisation de lutte pour la sauvegarde de l’environnement en Ouganda ont été arrêtés et détenus jusqu’au lundi 25 octobre. Des arrestations qui tiennent clairement du coup de pression contre ces militants opposés notamment au méga-projet Tilenga de Total.

Thomas Bart, porte-parole de l’ONG française Survie, qui dénonce l’action du gouvernement français en Afrique, explique ainsi à Rapports de Force que ces arrestations témoignent d’un « effort coordonné pour faire taire, créer de la peur, désorganiser et harceler les défenseurs des droits humains opposés aux projets pétroliers de Total dans le pays ». Loin d’être isolées, ces arrestations montrent qu’une répression croissante pèsent sur ces organisations. En effet, en mai dernier, Maxwell Atuhura, un membre de cette même ONG, avait été arrêté et détenu pendant plus de 48h

Un projet mortifère et catastrophiques pour les milieux et les populations

Autant de voix réduites au silence, alors qu’un projet mortifère est en train de s’établir en Ouganda, menaçant les populations et les écosystèmes de la région. Rappelons-le, le méga-projet Total en Ouganda consiste en l’exploitation de nouveaux gisements de pétrole autour du lac Albert, pétrole qui sera acheminé par un oléoduc aussi long qu’un Paris-Rome, de l’Ouganda jusqu’en Tanzanie.

Comme le dénoncent les différentes associations de lutte pour l’environnement, dont l’ONG AFIEGO, ce projet va engendrer un déplacement massif des populations de la zone géographique concernée, les dépossédant de leurs terres dont ils dépendent pour survivre. De plus, l’exploitation de ces gisements amènerait l’empoisonnement d’un des lacs les plus importants d’Afrique où vivent une large population d’animaux menacés. L’oléoduc traversera également des zones naturelles protégées et des terres cultivées, exposant ces derniers à une pollution certaine .

La complicité du gouvernement Macron

À l’heure où le réchauffement climatique inquiète les populations, les gouvernements continuent d’encourager l’exploitation massive des énergies fossiles, à l’image du gouvernement Macron qui soutient le projet de Total en Ouganda.

Comme le démontre le récent rapport publié en octobre dernier par Les Amis de la Terre France, l’Observatoire des multinationales et Survie sur les implications de la France en Ouganda autour des enjeux de Total, le Président Emmanuel Macron ne s’est pas gêné pour envoyer une lettre à son homologue ougandais, affirmant et garantissant son soutien au sujet des projets pétroliers de Total, alors que même de nombreuses banques étaient revenues sur leur participation.

Ce rapport dénonce : "Les autorités françaises, à commencer par le Président de la République Emmanuel Macron, se plaisent à afficher des valeurs progressistes sur la scène internationale (...) Il est peu d’exemples aussi criants de la contradiction entre cette posture et la réalité des actes que le soutien jamais démenti apporté par la France et sa diplomatie aux projets de Total dans le domaine du pétrole et du gaz."

Le désastre climatique que Total orchestre actuellement en Ouganda se déroule, sans surprise, avec la complicité du gouvernement français. Face au greenwashing de Total, qui essaye de se teindre en vert pour liquider des emplois en France, à l’image de la fermeture de la raffinerie de Grandpuits, et qui orchestre des projets criminels sur le plan criminel en Ouganda, il est nécessaire de condamner fermement les attaques et les menaces perpétrées à l’encontre des organisations de lutte pour l’environnement en Ouganda et des opposants au méga-projet de Total, et de dénoncer le greenwashing de Total en France et à l’international.




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