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Politique

"Darmanin, frotteur, pointeur"

Répression : des rappeurs convoqués par la police pour un texte critiquant la police et Darmanin

Ce mardi, StreetPress a révélé que trois artistes ayant participé au projet « 13’12 contre les violences policières » ont été convoqués par la Brigade de répression de la délinquance contre la personne pour « injure publique envers une administration publique et envers une personne dépositaire de l’autorité publique ». Dans un contexte d’offensive réactionnaire, cette convocation vise à faire taire le groupe de rappeurs, qui dénonce les violences policières et le racisme d'État.

mardi 21 décembre 2021

Le clip attaqué, qui dure 13 minutes et 12 secondes, dénonce l’impunité policière dans les quartiers populaires. « 13’12 contre les violences policières »est une initiative d’une trentaine de rappeurs, publiée l’année dernière, pour dénoncer et raconter les crimes racistes de la police, dans la continuité du mouvement pour la justice et la vérité pour Adama. Dans le contexte d’offensive réactionnaire qui suit cette vague de mobilisation, Darmanin continue de s’en prendre à tous ceux qui remettent en question l’institution policière et le gouvernement.

Ainsi, comme le rapporte le journal StreetPress dans un article consacré à l’affaire, cet album est dans la ligne de mire de la BRDP (Brigade de Répression de la Délinquance contre la Personne). En effet, trois rappeurs ont été convoqués pour « injure publique envers une administration publique et envers une personne dépositaire de l’autorité publique », dont l’artiste Billie Brelok. La raison ? Un couplet dénonçant l’impunité du Ministre de l’Intérieur Gérarld Darmanin, accusé de viol, d’harcèlement sexuel et d’abus de confiance.

  • « Eh Darmanin, check bien ton reflet dans les flaques de pisse de ta vie de chien à puces. T’es qu’un frotteur de bus. Un pointeur de plus. Ce monde t’a échoué par le trou de balle. »

Deux autres rappeurs ont également été convoqués pour des propos tenus dans le cadre de ce projet, dont l’artiste L’1consolable, à qui on reproche le couplet : “Tous les keufs sont des raclures”.Par ailleurs, tous les autres membres du projet ont reçu des mails de la police, et semblent également être recherché. Il est clair que le gouvernement cherche à intimider ce collectif de rappeurs pour faire taire les artistes qui dénoncent les violences policières et le système politique.

Dans une interview accordée à Révolution Permanente L’1consolable, initiateur du projet, se confiait sur l’origine de cette idée : “Pour le projet en lui-même, après l’affaire horrible du viol de Théo en 2017, l’idée est née de faire un morceau contre les violences policières et le racisme avec une critique structurelle du rôle de la police. [...] On a lancé les premières invitations en mars lors du premier confinement. Il a fallu pas mal de temps pour faire avancer tout ça jusqu’à en arriver à la sortie le 13 décembre 2020. C’est plutôt bien tombé finalement au vu de l’actualité politique qui met pas mal en avant la question des violences policières avec la mobilisation contre la Loi Sécurité Globale. ». L’initiative avait donc émergé dans le contexte de mobilisations contre les violences policières et le racisme d’État de juin dernier.

C’est Ramata Dieng, sœur de Lamine Dieng qui introduit le clip. Elle rappelle qu’entre 1977 et 2019, 676 personnes ont été tuées par la police. Puis chaque rappeur dénonce à sa manière la violence de l’institution policière, mais aussi le rôle qu’elle joue dans le maintien de l’ordre bourgeois et capitaliste.

Quelques couplets que l’on retient :

  • « La police tue ce n’est plus un secret pour personne depuis que les images circulent à travers tablettes et smartphones pourtant ça fait un bail bah ouais mon vieux depuis le temps que la vraie racaille se cache derrière des non-lieux ! » Monsieur M
  • « Ils protègent pas le peuple mais l’économie, gèrent les técis comme dans les colonies » FL-HOW
  • « Ont pour les armes le monopole de la violence légitime, honte pour les larmes de ceux qui restent hommage aux proches et familles de victimes ! » Ben Akara (HPS)

Cette affaire n’est pas le premier cas de criminalisation des rappeurs sous le gouvernement Macron : on se souvient de l’affaire du jeune rappeur Grenoblois mis en examen pour un simple clip ou encore l’attaque islamophobe d’une députée LREM contre le rappeur Médine. Par ailleurs, ces affaires s’inscrivent dans un contexte réactionnaire, installé par la politique raciste et sécuritaire du gouvernement est responsable ! Face à ces menaces et la répression du gouvernement, il est nécessaire de faire front contre mes offensives réactionnaires et de continuer de mener le combat contre le racisme et les violences policières.




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