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Islamophobie. Goldnadel traite SUD Rail et Anasse Kazib d’« islamistes » sur CNews

Jeudi, sur CNews, évoquant le live de Révolution Permanente « Après l'horreur, refuser l'instrumentalisation », GW Goldnadel a à nouveau fait des déclarations scandaleuses visant Anasse Kazib ainsi que le syndicat SudRail, les taxant d' « islamistes ». Une attaque inacceptable contre ceux qui portent une voix alternative contre l'union nationale et l'offensive islamophobe du gouvernement.

vendredi 23 octobre

« J’ai pas de critique particulière à faire au discours présidentiel, mais on voit bien maintenant à quel point le verbe a ses limites et il n’y peut rien. Et moi je vais vous dire franchement ce que je pense, c’est que je ne veux pas que mon émotion empêche ma colère. Voilà. J’ai toujours ma colère, ma colère pour les responsables de là où nous sommes, et nous savons qui ils sont, ce ne sont pas que des islamistes. Et le plus bel hommage qu’on puisse rendre à Samuel, c’est de le venger. Parce que le mot vengeance pour moi n’est pas un gros-mot. »

Voilà les déclarations de Gilles-William Goldnadel en date du mercredi 21 octobre. L’avocat et essayiste de droite, s’est illustré une nouvelle fois avec des propos scandaleux, en exigeant ouvertement « vengeance » : - plutôt inattendu de la part d’un avocat -, et comme le soulignait Marwan Muhammad, ancien directeur du CCIF, sur le live de Révolution Permanente jeudi soir : « ils voulaient des cibles, ils voulaient des boucs émissaires. Ils voulaient [...] qu’on se serve de ce crime pour aller chercher vengeance. Vengeance contre toutes les cibles politiques qu’on avait dans des listings : la gauche, les mouvements populaires, les gens des quartiers populaires, les gens qui dénoncent les formes de racismes en France et parmi eux les gens de confession musulmane. Il nous faut des cibles, il nous faut des gens à désigner du doigt ! ». 

En effet, le drame de Conflans-Sainte-Honorine a marqué un tournant dans l’offensive islamophobe du gouvernement, instrumentalisé pour chercher des cibles, comme le souligne Marwan Muhammad. Et les cibles, elles sont toutes trouvées : les musulmans … et l’extrême gauche, synthétisé par la formule « islamogauchisme » qui refait surface de manière décomplexée sur les plateaux, et qui n’est pas sans rappeler celle de « judeo-bolchévik » employée par l’extrême-droite dans les années trente. Goldnadel s’illustre sur CNews, revendiquant d’avoir utilisé l’expression depuis plus de vingt ans et satisfait qu’elle soit enfin reconnue, prônant que « l’islamogauchisme fait des ravages  », exprimant une rhétorique bien creuse, pour reprendre ses propres termes : « l’islamogauchisme, en creux c’est une très grande détestation anti-occidentale ».

Jeudi, sur le plateau de Pasacal Praud sur CNews, suite au live de Révolution Permanente « Après l’horreur, refuser l’instrumentalisation », GW Goldnadel a fait des déclarations scandaleuses visant Anasse Kazib qui animait le live, ainsi que SudRail, les taxant d’ « islamistes » : « Le Anasse dont vous parlez c’est SudRail, c’est largement autant l’islamisme, que le gauchisme ». 

Des affirmations injurieuses contre le cheminot et la fédération syndicale à l’image de la cabale médiatique l’égard de ceux qui, après le drame de Conflans, portent une voie dissonante contre l’union nationale et dénoncent la tentative du gouvernement pour d’instrumentaliser l’assassinat de Samuel Paty afin de justifier une offensive islamophobe et sécuritaire sans précédent. Ces attaques racistes, sorties de la voix d’un éditorialiste coutumier des plateaux télé des grands médias et qui compte parmi les porte-voix des puissants, montrent également la crainte des classes dominantes face à un discours de classe, qui mette la gauche face à ses responsabilités au regard de la situation où le gouvernement instille le poison de la division au sein de notre camp social, pendant qu’il s’échine à faire passer des attaques historiques contre le monde du travail.

Gilles-William Goldnadel n’en est d’ailleurs pas à son premier coup d’essai. Il s’était déjà illustré sur le sujet des violences faites aux femmes : en mars 2019, il avait tenu des propos pour relativiser l’oppression patriarcale et les violences faites aux femmes, en affirmant que à rappeler que « 30% des violences » sont commises par des femmes, des femmes « violentes », poursuivant magistralement que « 30% ce n’est pas tout mais ce n’est pas rien ».

Pour en revenir au terme qui refait surface d’« islamogauchisme », on voit que les réactions, en particulier sur le plateau de RMC jeudi soir et vendredi matin, qui s’en prennent aux militants intervenus pendant le live de Révolution Permanente, montrent que son succès dérange : la formule rafistolée est bien trouvée pour ne pas nommer le discours alternatif que cherchent à proposer des militants révolutionnaires, comme l’a incarné le débat jeudi soir sur Facebook, à l’heure où toute la presse, le gouvernement, ses institutions instrumentalisent l’horreur de Conflans-Sainte-Honorine pour justifier « l’union nationale » et le tournant répressif en particulier dirigé contre les quartiers populaires et la communauté musulmane en France. Aujourd’hui, ces réactions qui insultent Anasse et SudRail montrent la nécessité urgente de construire un discours et une force alternative à celui du gouvernement, appuyé médiatiquement, contre l’islamophobie et le tournant autoritaire qu’il est en train de prendre.




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