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Politique

Offensive islamophobe

Islamophobie. Port du voile et fermeture des lieux de culte : le Sénat veut durcir la loi séparatisme

Alors que ce mardi 30 mars, la loi séparatisme rentre en examen pour 15 jour au Sénat, la majorité sénatoriale de droite a déjà annoncé son intention de durcir un texte déjà profondément islamophobe et répressif.

mercredi 31 mars

Photo : AFP

Après avoir été voté à l’Assemblée Nationale, le projet de loi « confortant les principes républicains », dit « loi séparatisme » entre en examen au Sénat pendant les 15 prochains jours. De quoi laisser le temps aux sénateurs de droite de peaufiner le projet réactionnaire et raciste que mène Macron et son gouvernement, Darmanin en tête.

A cette occasion, le sénat compte « durcir le texte qui manque d’ambition » selon les termes de Bruno Retailleau (LR) pour qui « lutter contre le séparatisme sans pouvoir toucher à l’immigration ou au séparatisme relativise l’ambition du gouvernement ». En ce sens, les sénateurs vont renforcer plusieurs mesures phares du projet de loi à commencer par le titre de la loi pour y (ré)intégrer le terme « séparatisme », car la sénatrice LR Jacqueline Eustache-Brinio « n’est pas sûre que tout le monde comprenne » que « l’objectif, c’est de lutter contre le séparatisme »…

Comme l’indique Le Monde, le renforcement appelé par les sénateurs prévoit notamment d’interdire le port du burkini dans les piscines et espaces de baignade publics, de retirer la qualité de réfugiés aux personnes condamnées pour apologie du terrorisme, de renforcer les dispositifs de fermeture des lieux de culte et d’interdire le port du voile pour les mamans qui souhaitent accompagner leur enfants en sortie scolaire. De plus, le sénat a l’intention de s’attaquer aux universités, qui jusqu’à présent n’étaient pas mentionnées dans le texte, Et pour se « prémunir contre des prosélytismes ou des propagandes de nature à perturber des activités de rechercher et d’enseignement » (B. Retailleau), il s’agirait d’interdire l’utilisation de salles de cours (vides !) pour des prières ou événements religieux. Une potentielle énième attaque contre les universitaires critiques, dans la lignée de l’offensive contre "l’islamo-gauchisme" lancée par Frédérique Vidal et qui s’étend désormais au mouvement étudiant et à l’Unef.

Dans un contexte de crise sanitaire et économique violente où la communauté musulmane fait figure de bouc émissaire, ce qui s’annonce donc, c’est un nouveau tour de vis dans le tournant autoritaire du gouvernement, permis par les rouages de la Vème République via le Sénat, une instance non-élue, antidémocratique et réactionnaire où siègent des notables grassement payés. Alors que déjà dans sa version votée à l’AN la loi séparatisme était une loi ouvertement islamophobe, raciste, et sécuritaire qui s’attaque aux libertés notamment de réunion, d’association, de presse, et alors qu’en décembre des milliers de personnes descendaient dans les rues contre cette loi et la LSG, le sénat entérine son ancrage réactionnaire en durcissant le projet de loi.

Ainsi, face à l’illusion désormais rompue du jeu parlementaire, il convient de rappeler que la loi séparatisme n’est ni amendable ni négociable. En ce sens, il y a urgence pour notre camp social à construire le rapport de force à même de faire reculer le gouvernement et arracher le retrait total de cette loi, et de toutes les lois liberticides et sécuritaires comme la loi séparatisme. Ce rapport de force passera par l’organisation, par la rue, et par la mobilisation générale contre ce gouvernement et le monde qu’il propose. Il est également temps d’imposer la fin du Sénat, une chambre essentiellement anti-démocratique et réactionnaire, composée de notables et qui vise à éviter tout débordement de l’assemblée nationale et du suffrage universel.




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