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Islamophobie. Une salariée de Mcdo licenciée pour des manches trop longues

Dans une vidéo dévoilée par AJ+, une étudiante voilée témoigne de la discrimination islamophobe et du racisme dont elle a fait l’objet alors en poste dans un restaurant Macdonald. Ces discriminations auraient conduit au licenciement abusif de la jeune femme.

mercredi 6 janvier

Dans la vidéo dévoilée par le média AJ+, Hager Barkous témoigne du racisme dont elle a été victime. L’étudiante voilée et portant des manches mi-longues est embauchée au Mcdo Saint-Jean d’Angély à Nice. Bien que le directeur du restaurant n’ait pas émis de réserves quant au port du voile de son employée, elle doit cependant, après 1 mois en tant d’équipière polyvalente changer de poste pour devenir hôtesse d’accueil suite à des plaintes de clients concernant son voile. En d’octobre 2018, elle signe un contrat de professionnalisation en tant que responsable opérationnelle dans le cadre de son master. A ce même moment, la direction du restaurant change et est remplacée par une personne se montrant plus hostile au port du voile. Conformément à la législation française en vigueur, une entreprise est en droit d’interdire le port de signe religieux aux employés en contact avec les client.e.s ou pour des raisons d’hygiène et de sécurité mais doit avant tout licenciement essayer de replacer l’employé.e. Pourtant, Hager Berkous sera mise à pied pendant 4 jours. A son retour, elle se verra assignée à des tâches qui selon elle ne figurait pas dans son contrat tel que le ménage. Selon l’étudiante, cela serait grandement lié au fait qu’elle porte le foulard. Suite à cela, elle tombe en arrêt maladie de 3 semaines pour dépression puis sera le 19 mars 2019 licenciée pour faute grave. Elle décide donc de saisir les prud’hommes pour “discrimination” et “licenciement abusif”. Contacté par Al Jazeera, Mcdonald justifiera sa décision de la manière suivante : “La décision du licenciement de cette ancienne salariée a été motivée par des manquements répétés aux protocoles de sécurité alimentaire dans notre restaurant qui demeurent l’une de nos principales priorités et dans le respect le plus scrupuleux du droit du travail.”

Le racisme et l’islamophobie au travail, un problème systémique

L’étudiante Hager Barkous n’est pas la seule à être victime de discriminations du fait de son appartenance religieuse. En effet, selon l’institut de sondage IFOP, 42% des Français pratiquant l’islam disent avoir été victimes au moins une fois d’une discrimination liée à leur religion. Par ailleurs, à ces discriminations subies par les musulmans français, s’ajoutent également les discriminations sexistes liées au genre. Ainsi, si 40% des musulmans estiment avoir été victimes d’un comportement raciste ces cinq dernières années, 16% l’ont été en raison de leur religion, 15% à cause de leur couleur de peau et 5% de leur nationalité. Ces discriminations touchent plusieurs domaines de la vie sociale tels que l’emploi, le logement ou encore le rapport à la police. Ces discriminations sont encore plus flagrantes lorsqu’elles concernent les femmes voilées : 60% des femmes portant le foulard ont été discriminées au moins une fois dans leur vie. Cette oppression systématique à l’encontre des femmes voilées est directement liée à l’héritage colonial de la France, époque durant laquelle les autorités coloniales organisaient des “cérémonies de dévoilement” des femmes musulmanes à Alger, portant ainsi atteinte au droit des femme à disposer de leur corps. La loi de 2004 relative au port de signes religieux dans les écoles publiques, alimente davantage la dynamique de stigmatisation des femmes voilées. Dans ce contexte, les femmes voilées occupant l’espace public, médiatique ou encore politique sont donc fortement exposées à des risques d’humiliation ou de harcèlement. De nombreux cas d’école témoignent de ce climat islamophobe. Ainsi, en 2019, une femme voilée accompagnant des enfants à une sorties scolaire fut prise à partie par un élu RN. On peut également citer l’attaque d’une étudiante voilée de l’UNEF à l’Assemblée Nationale ou encore l’Instagrammeuse Imane Boon également voilée, proposant des recettes accessibles aux étudiants en difficulté qui fut victime d’une vague de harcèlement islamophobe après qu’une journaliste du Figaro l’ai assimilée aux attentats du 11 novembre.

Une oppression structurelle renforcée par l’offensive islamophobe du gouvernement :

Cette islamophobie ambiante est alimentée et encouragée par le gouvernement. En effet, après le tragique événement de Conflans-Saint-Honorine, le pouvoir politique a instrumentalisé ce drame à des fins islamophobes. La loi “confortant les principes Républicains” démontre une stigmatisation claire de l’Etat qui vise principalement les musulmans ou assimilés comme tels. Ainsi, des dissolutions d’associations antiracistes comme le CCIF ou humanitaires comme Barakacity ont eu lieu. Cette offensive islamophobe va être renforcée avec les fermetures en série de lieux de culte et d’école privée mais également les arrestations d’enfants pour “apologie du terrorisme”. La très célèbre « racialiste » et « séparatiste » Michelle Bachelet, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a d’ailleurs exprimé son inquiétude "de la possible stigmatisation des musulmans" par le biais des propositions pour asseoir les principes républicains. Par ailleurs, d’autres formes de séparatismes beaucoup plus fortes existent mais personnes ne s’en émeut. Comme par exemple l’entre-soi de la classe bourgeoise ou des élites qui se reproduisent dans les circuits fermés des grandes écoles.

Dans ce contexte, il est donc indispensable de dénoncer et de s’opposer avec fermeté à l’offensive islamophobe du gouvernement visant à opprimer la communauté musulmane mais également que les organisations syndicales et politiques du mouvement ouvrier prennent position contre cette politique répressive et raciste.




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