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Islamophobie d’Etat : Darmanin annonce la fermeture d’une mosquée à Cannes

Ce mercredi 12 janvier, Darmanin a annoncé la fermeture d'une mosquée à Cannes, reprochant notamment des "soutiens au CCIF et à Baraka City". L'offensive islamophobe du gouvernement continue.

mercredi 12 janvier

Crédits photo : THOMAS COEX/AFP

Ce 12 janvier, Gérald Darmanin a annoncé sur CNews la fermeture d’une mosquée à Cannes, affirmant : « nous fermons l’une des mosquées de Cannes car nous lui reprochons des propos antisémites, des soutiens au CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France) et BarakaCity ». Une procédure a ainsi été engagée pour fermer la mosquée pendant deux mois. La préfecture des Alpes-Maritimes explique dans son communiqué « la mosquée Al Madina Al Mounawara, multiplie les propos haineux envers la France, ses institutions et ses lois d’une part, tient des propos incitant à la haine envers les homosexuels ou transsexuels d’autre part et enfin fait montre d’une haine antisémite explicite ».

Le gouvernement continue ainsi sa politique islamophobe en faisant feu de tout bois pour s’en prendre à des lieux de cultes. Au coeur de l’argumentaire de Darmanin pour fermer la mosquée, « des soutiens au CCIF et BarakaCity », deux associations qu’il a criminalisées pour mieux les dissoudre. Une procédure ultra-arbitraire dénoncée par le recteur de la mosquée, Ahmed Gessoum, qui estime la fermeture « injuste et injustifée ». Alors que les accusations viseraient l’ancien recteur, Mustapha Dali, Ahmed Gessoum rappelle notamment que celui-ci avait fermement condamné « le fanatisme barbare » lors de l’attentat à Nice en 2016.

Cette fermeture semble ainsi s’inscrire dans la longue liste de fermetures de lieux de culte. Cherchant à faire des musulmans des ennemis intérieurs et instrumentalisant l’horrible assassinat de Samuel Paty, le gouvernement avait successivement fermé la mosquée de Pantin en octobre 2020, avant d’annoncer le lancement d’une action massive visant à mettre sous surveillance 76 mosquées. Aujourd’hui, selon le ministère de l’Intérieur, « 21 lieux de culte sont fermés ».

L’offensive du gouvernement ne prend pas pour cible que les lieux de culte ; elle vise également les associations. Début 2020, le gouvernement avait ainsi dissous plusieurs associations jugées « islamistes », dont BarakaCity et le CCIF. En octobre 2021, Darmanin annonçait la dissolution de la Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie. Des dissolutions prononcées sur la base le plus souvent d’un bricolage de preuves, mais également de la transformation de la critique du racisme d’Etat en symptôme d’un « séparatisme ».

En réalité, toutes ces fermetures de lieu de culte et d’associations s’inscrivent dans l’offensive autoritaire et islamophobe du gouvernement, approfondie après l’assassinat de Samuel Paty et qui a trouvé sa concrétisation dans le passage de la Loi Séparatisme, un texte profondément réactionnaire visant à renforcer les discriminations contre les musulmans et à contrôler toujours plus les populations des quartiers populaires. Dans ce contexte, les organisations du mouvement ouvrier et du mouvement social doivent dénoncer haut et fort la politique islamophobe et autoritaire du gouvernement.



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