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Politique

Gestion autoritaire

Isolement surveillé : Macron prévoit un contrôle policier des malades du Covid

Suite aux annonces de Macron lundi, un projet de loi a été présenté au Conseil d’État. Son article 4 prévoit l’isolement obligatoire et sous contrôle policier des personnes testées positives au Covid-19 pour une durée de dix jours sous peine d’amende. Une mesure ultra-coercitive dans la ligne de la gestion de la pandémie par l’exécutif.

jeudi 15 juillet

Crédits : Fred TANNEAU / AFP

La mesure qui n’avait pas été annoncée par Emmanuel Macron dans son discours du 12 juillet a néanmoins été remarquée par la presse qui a interrogé Olivier Véran au cours de la conférence de presse tenue le 13 juillet. Le ministre de la santé a justifié qu’un arrêté préfectoral pouvait déjà être prononcé à destination de personnes entrant sur le territoire français et porteuses du virus et que la mesure ne constituait qu’une extension du dispositif aux personnes contaminées sur le territoire national. Le texte soumis à l’examen du Conseil d’État prévoit un placement à l’isolement sous contrôle aléatoire de la police et de la gendarmerie, par une procédure sous contrôle du Juge des Libertés et de la Détention et possibilité de sortir sous autorisation entre dix heures et midi. Olivier Véran reconnaît lui-même qu’il n’est pas certain que le Conseil d’État valide la disposition, profondément coercitive et dont on peut s’interroger sur la possibilité d’application.

Si depuis le début de la pandémie, Emmanuel Macron répétait à l’envi vouloir « convaincre » plutôt que « contraindre » la rhétorique gouvernementale, déjà sérieusement mise en cause par des mois de gestion policière et répressive, a pris cette semaines un coup fatal. Après donc l’annonce de l’ imposition vaccinale pour les soignants sous peine de licenciement, de l’extension du pass sanitaire et de la fin de la gratuité des tests PCR à l’automne, l’allocution d’Emmanuel Macron ce lundi 12 juillet, et dans cette droite lignée la découverte de cette nouvelle mesure constituent un nouveau bond en avant dans la méthode autoritaire qui est opposée depuis des mois aux vagues de flux et reflux du Covid-19.

Outre le caractère policier et profondément autoritaire de la mesure qui pourrait être soumise au vote de l’Assemblée Nationale le 21 juillet si elle est validée par le Conseil d’État et le Conseil des Ministres, on peut même se questionner sur sa pertinence d’un point de vue sanitaire alors même que l’exécutif a commencé à dérembourser les tests de dépistage du Covid-19 d’abord pour les touristes depuis le 7 juillet dernier et a annoncé son intention de poursuivre le déremboursement sous le motif fallacieux d’inciter à la vaccination : on peut dès lors craindre une désincitation au dépistage qui serait contre-productive d’autant que l’accès à la vaccination semble très largement corrélé aux revenus perçus.

Loin des mesures autoritaires basées sur un contrôle policier et la défense des seuls intérêts des capitalistes qui nourrissent la défiance face à la vaccination et au traçage des chaînes de contamination, il nous faut une véritable stratégie de santé publique fondée sur la prévention des contaminations au travail et dans les lieux d’étude y compris par leur fermeture, une augmentation des moyens alloués aux hôpitaux publics pour ouvrir des lits, ouvrir de nouveaux centres de vaccinations, mener des campagnes visant à réduire les inégalités entre territoires dans l’accès à la vaccination, garantir la gratuité totale des dépistages pour toutes et tous et la levée des brevets sur les vaccins afin de permettre leur diffusion et leur accès dans le monde entier.




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