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Israël : Netanyahou remporte les élections à la tête d’une coalition d’extrême droite

Benyamin Netanyahou est en passe de renouer avec le pouvoir en Israël avec l’aide d’une future coalition gouvernementale qui marquera la prise de la Knesset par l’extrême droite religieuse.

jeudi 3 novembre

Benyamin Netanyahu devrait faire son retour en tant que premier ministre israélien à la suite des élections du mercredi 2 novembre qui ont vu la plus forte participation depuis 2015 avec 71,3% de participants.

L’ancien premier ministre, sujet d’une enquête pour corruption depuis 2020, devance donc son rival, le premier ministre intérimaire Yair Lapid, qui dirige actuellement la répression et les assassinats de l’armée dans le nord de la Cisjordanie, et son parti Yesh Atid qui n’emporterait que 17 sièges à la Knesset.

Le Likud de Netanyahou sécuriserait donc 29 à 30 sièges, ce qui lui permettrait de former un gouvernement avec les partis de l’extrême droite religieuse. Le parti de l’Unité nationale de Benny Gantz obtiendrait 17 sièges. L’autre formation de sa coalition, le Shas (juifs séfarades ultra-orthodoxes) obtiendrait 9 sièges et le Judaïsme Unifié de la Torah (orthodoxes ashkénazes), 7 sièges.

Le taux de participation des Palestiniens vivant en Israël n’ayant pas dépassé les 30%, ce qui signifie que le parti nationaliste arabe Balad n’a pas atteint le plancher électoral de 3,25 %. Jusqu’à présent, le parti comptait trois députés. Bien que Balad nie être "la gauche israélienne" et se considère comme faisant partie du mouvement national palestinien, il faut souligner que sa présence aux élections légitime le parlement et, par extension, le régime sioniste.

C’est de fait une coalition gouvernementale très marquée à l’extrême droite qui se dessine à la suite de la cinquième élection en 4 ans. Netanyahou devra donc donner des gages aux franges religieuses les plus radicales comme celle du parti Sionisme Religieux et son représentant Itamar Ben-Gvir qui souhaite donner une immunité légale totale aux soldats israéliens qui abattent des Palestiniens et déporter les députés rivaux qu’il accuse de terrorisme. Jusqu’à récemment, Ben-Gvir arborait dans son domicile un portrait de Baruch Goldstein, un terroriste israélien ayant abattu 29 Palestiniens dans une mosquée de Cisjordanie en 1994. Ben-Gvir, a également participé à un rassemblement à l’issue du vote, où ses partisans ont scandé "mort aux Arabes".

Un autre dirigeant du parti Sionisme Religieux, Bezalel Smotrich, a déclaré à la presse lors de la publication de ces sondages de sortie des urnes : "Le sionisme religieux entre dans l’histoire avec la plus grande réussite du camp sioniste religieux depuis la fondation de l’État. Un exploit qui rejoint ce qui apparaît comme une victoire décisive (...)".

Sur le plan des relations internationales, Netanyahou ne dispose pas du même cachet avec l’administration Biden dont il jouissait auprès de Donald Trump. Biden misait sur une victoire du parti de Yair Lapid, un interlocuteur plus fiable, en sachant que Netanyahou devra céder plusieurs ministères clés aux partis ultra-orthodoxes ce qui pourrait rompre l’équilibre politique déjà instable au sein de l’entité sioniste.
Cette élection ne promet rien de bon pour les territoires occupés dans un contexte de regain de violence des colons et de résistance de la part de la population occupée en Cisjordanie et plus particulièrement à Naplouse.



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