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Italie. Un lycéen de 18 ans meurt d’un accident sur son lieu de stage

En fin de semaine dernière, Giuliano De Seta, un lycéen de 18 ans, est mort d’un accident de travail sur son lieu de stage dans la région de Vénétie en Italie. Il est le troisième lycéen décédé de la sorte depuis la mise en place de stages professionnalisants obligatoires en Italie. Ces morts sont la conséquence de la destruction de l’éducation au profit des grandes entreprises qui utilisent la jeunesse comme une main d'œuvre précarisée.

mercredi 21 septembre

Credit Photo : Mauro Ujetto/NurPhoto/AFP. « De l’alternance école-travail, on ne devrait pas mourir ! » Une manifestation étudiante à Turin après la mort lors de son stage de Lorenzo Parelli

La semaine dernière, Giuliano De Seta, lycéen de 18 ans, décédait lors de son quatrième jour de stage dans la logistique, écrasé par une dalle métallique qui reposait en équilibre précaire. Il est le troisième lycéen mort d’un accident du travail dans le contexte d’un stage professionnel en Italie, après Giuseppe Lenoci, 16 ans, décédé dans une usine thermo-hydraulique et Lorenzo Parelli, 18 ans, mort dans une usine d’accessoires mécaniques.

Ces morts, et les huit accidents graves ou mortels décomptés depuis quatre ans dans le cadre de stages, sont la conséquence de la mise en place par le gouvernement Renzi (centre-gauche) en 2015 de l’obligation de l’alternance scolaire. C’est-à-dire l’obligation afin de valider sa formation pour tout lycéen d’effectuer un stage qui sera au mieux très mal rémunéré, ou alors pas payé du tout.

Une mesure défendue au nom de « l’insertion professionnelle » par les gouvernements successifs mais qui permet avant tout de mettre à la disposition du patronat italien une nouvelle main d’œuvre à moindre coût. Cette mesure a été permise par la généralisation des lycées professionnels et l’augmentation en parallèle des prix de l’université, entraînant une forte partie de la jeunesse vers ces filières professionnalisante. Les stages de ces filières professionnelles sont dans la plupart des cas dans des secteurs très durs et précaires du monde du travail, où les conditions de travail sont particulièrement difficiles.

En plus de la question de la précarisation de la jeunesse et son utilisation comme une main d’œuvre à bas coût, la mort de ces lycéens vient révéler les conditions de travail dangereuses de ces métiers précaires, et leurs conséquences dramatiques pour les travailleurs.

Comme le rapporte un article de Voce delle Lotte, le journal de l’organisation-sœur de Revolution Permanente en Italie, plus de 600 personnes sont décédées sur leur lieu de travail depuis le début de l’année dans le pays, avec une moyenne de trois décès par jour. Une problématique commune pour les travailleurs et les étudiants des lycées professionnels, qui doit encourager une convergence entre les mouvements étudiants et ouvriers.

L’utilisation de la jeunesse comme une main d’œuvre précaire via des stages obligatoires n’est pas spécifique à l’Italie. Fin août, Macron a rappelé que son but était de rattraper son voisin européen. En effet, il a, comme nous l’avons détaillé dans un précédent article, prévu de « mieux préparer les jeunes au monde de l’entreprise » grâce à la réforme des lycées professionnels. Celle-ci comporte en effet une refonte des horaires par laquelle un grand nombre d’heures de cours seront remplacées par une augmentation de 50 % des semaines de stages en entreprises. Des stages en entreprises rémunérés ici aussi une misère et permettant au patronat d’accéder à une main d’œuvre à moindre coût.

Une situation qui montre la nécessité, en France comme en Italie, d’une alliance entre les mouvements ouvriers et étudiants pour lutter contre la destruction des conditions de travail, contre la précarisation de la jeunesse et contre l’utilisation de la professionnalisation des études par le patronat et l’Etat pour l’exploiter toujours plus.



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