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Politique

"J’ai parlé avec mes tripes", la réponse d’un Foulard rouge à Révolution Permanente

Dans un article de Révolution Permanente intitulé "VIDEO. « Analphabète », un foulard rouge hurle et insulte des Gilets Jaunes", nous rapportions notamment les propos d'un manifestant mobilisé lors de l'acte 1 des Foulards Rouges. Le manifestant en question a contacté Révolution Permanente en vue d'un droit de réponse que nous reproduisons ci-dessous.

vendredi 1er février

« Consécutivement à la large diffusion d’une vidéo me représentant, filmée lors de la manifestation des foulards rouges le 27/01/2019, j’ai reçu des milliers d’insultes et menaces de mort qui m’ont obligé à demander l’assistance de la police.
Tout le monde comprendra que je ne puisse rester muet, compte tenu des extrapolations et des intox qui ont été massivement diffusées sur les réseaux sociaux.
J’imagine que ceux qui ont volontairement déformé mes propos l’ont fait à dessein pour faire de moi une cible idéale.
Je voudrais expliquer les circonstances de cette vidéo : en fin de manifestation je discutais avec des contradicteurs, sans aucune violence, et une personne en a profité pour réaliser une vidéo de cette conversation, sans se présenter comme journaliste. Dans le brouhaha, j’ai sûrement eu tort d’élever la voix de cette manière, ce qui a servi de prétexte pour me faire passer pour un extrémiste.
J’ai parlé avec mes tripes, un "cri du cœur", face à une situation inédite de blocages et de violences dans le pays qui m’inquiète. Je comprends parfaitement certaines revendications sociales des citoyens Gilets Jaunes comme par exemple l’augmentation du SMIC et du pouvoir d’achat. Je regrette évidemment les blessures à déplorer autant chez les policiers que chez les manifestants, y compris M.Rodrigues.
En revanche, je suis profondément choqué lorsque certains qui se réclament de ce mouvement appellent à instaurer un pouvoir militaire, à utiliser la force, à marcher sur les Institutions ou à rétablir la peine de mort. En effet, il ne s’agit plus du tout alors d’inégalités sociales mais bien d’une remise en cause du pacte républicain.
Chacun constate que le mouvement des Gilets jaunes est récupéré et instrumentalisé par des personnes/groupes, qui recherchent l’affrontement et le chaos, c’est cela que j’ai dénoncé avec force. Je n’ai menacé personne. J’ai seulement donné mon avis, avec conviction et peut-être de manière maladroite : on ne peut pas accepter les appels au soulèvement ou à l’insurrection. On ne peut pas tolérer les commerces pillés, les bâtiments publics incendiés, les journalistes lynchés, les symboles de la République attaqués. Cette crise risque in fine de coûter bien plus cher aux citoyens que les mesures d’urgences sociales obtenues. Les récents événements, notamment les scènes de destruction des biens publics comme privé, ont profondément marqué l’opinion publique, traumatisée par la violence des images. On ne peut pas rester muet quand nos institutions démocratiques, qu’on peut bien sûr toujours améliorer, sont remises en cause par des extrémistes politiques.
Il y a eu plus de dix morts depuis le début de ce mouvement, ne l’oublions pas.
J’ai voulu faire entendre ma voix, en tant que citoyen, sans imaginer être ensuite harcelé et menacé. Je n’ai fait d’ailleurs qu’exprimer le sentiment de très nombreux Français qui souhaitent que notre pays retrouve enfin le calme et la voix du dialogue plutôt que celui de la violence et de la haine.

Francis Pourbagher »

L’article est accessible en cliquant sur ce lien.




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